Par
Stéphanie Descart
Université du Québec à Montréal

 

            Professionnel ou amateur, l’athlète poursuit l’excellence et la perfection dans la pratique de son sport. Des heures d’entraînement à la célébration victorieuse, l’athlète voue tout son temps à l’accomplissement de son but ultime : être le meilleur dans sa discipline. Que ses aspirations soient nobles ou bien qu’elles soient animées par le gain et la gloire, l’athlète est une figure manifeste, source d’inspiration pour les auteurs, poètes et philosophes. Dans l’Antiquité grecque, les textes abondaient sur les exploits et les échecs des athlètes, ces modèles de la perfection du corps que les Grecs convoitaient.

            Les auteurs modernes se sont penchés sur ces témoignages que les Grecs nous ont transmis à propos de leurs athlètes, qu’ils soient guides d’entraînement, épinicies ou récits historiques. Les historiens ont pour la plupart rapporté et expliqué les écrits sans en faire une analyse ou une comparaison plus approfondie. L’étude de D.M. Pritchard[1] fournit une description des honneurs que recevaient les athlètes. Celle de H.W. Pleket[2] discute des prix accordés aux athlètes et de l’idéologie associée aux jeux par l’aristocratie. L’article de J. Fontenrose[3] parle de la création d’un type de légende de l’athlète devenu héros. Finalement, H.A. Harris[4] présente les athlètes exceptionnels qui sont devenus les sujets de cultes. Ces auteurs apporteront des informations indispensables pour la compréhension de nos arguments grâce aux sujets plus vastes qu’ils abordent.

            Certains auteurs vont examiner plus précisément la réputation des athlètes dans la société grecque selon différentes sources. Par exemple, les articles de J. Bazant[5], A.H. Gilbert[6] et M. Marcovich[7] abordent la question de la décadence des athlètes et le mépris avec lequel la société les considérait d’après les auteurs anciens. À l’opposé, les ouvrages de J. Baringer[8] et de G.E. Mylonas[9] témoignent des honneurs rendus aux athlètes victorieux et de leur influence au sein de la population, information transmise entre autres par l’épigraphie.

            D’autres encore vont se contenter de présenter les éléments sociaux, politiques et économiques du sport dans l’Antiquité sans s’attarder de manière explicite au statut ou à la place de l’athlète dans la société. Nous pensons notamment aux travaux de J.-P. Thuillier et W. Decker[10] et ceux de P. Brun[11]. Ces analyses apportent des informations importantes et spécifiques à l’étude du sport sans ajouter de nouvelles perspectives ou d’explications quant à ces opinions contradictoires au sujet de l’athlète en Grèce antique. Nous avons donc choisi de les écarter de cet exposé.

            Les opinions divergentes des Grecs sur leurs athlètes n’ont donc pas été étudiées de manière approfondie par les auteurs et les historiens modernes. Nous tenterons de discerner ces différences tout en y trouvant les points communs et les points contrastants. Nous pourrons ainsi démontrer que les athlètes étaient admirés en dépits des commentaires de l’époque qui, nous le verrons, pouvaient les associer à la décadence de Rome. Respectés pour leurs qualités et vénérés pour leurs prouesses, les athlètes grecs occupaient une place de choix dans la sphère sociale.

            Notre étude portera sur la Grèce des IVe et Ve siècles avant notre ère[12]. Les cités de cette époque étaient riches et prospères, les récompenses accordées aux athlètes étaient donc généreuses. Cette période étant la plus abondante en textes anciens, nous pourrons évaluer la portée des sentiments des différents auteurs grecs quant aux athlètes et aux honneurs qu’on leur accordait.

            Nous aurons recours à plusieurs auteurs anciens afin de bien présenter notre étude. Les œuvres de Pindare[13] et d’Euripide[14] expriment les opinions qui étaient véhiculées sur scène devant le public grec alors que la Description de la Grèce de Pausanias[15] et les écrits de Xénophane[16] fournissent des arguments qui auraient été lus par les citoyens éduqués.

            Tout d’abord, nous présenterons les multiples honneurs qui étaient accordés aux athlètes victorieux afin de bien établir la mise en contexte de notre sujet d’étude. Suivra un court exposé de mythes qui se sont développés en Grèce sur des athlètes hors du commun. Viendra ensuite une analyse des opinions positives et des opinions négatives des auteurs anciens quant aux athlètes grecs.

 

Les honneurs de l’athlète

 

            Pour bien comprendre le statut de l’athlète dans la société grecque, on se doit d’énumérer tout d’abord les avantages associés à la victoire sportive[17]. Dotés de nombreux honneurs et avantages, les athlètes grecs étaient véritablement des citoyens à part. Leur nom et leurs accomplissements entraient dans l’histoire de leur cité. Leur gloire était celle de leur cité puisque celle-ci avait son nom à côté de celui de l’athlète pour mieux l’identifier. La cité avec le plus de vainqueurs pouvait se vanter de ses prouesses athlétiques et profiter du prestige associé à ces victoires. D’ailleurs, les cités grecques allaient acheter les athlètes à l’étranger lorsqu’elles n’en avaient pas de disponible[18]. Par exemple, Sotadès, gagnant à la course du doliquos[19], aux Jeux olympiques de 384, était originaire de Crète. Il a été puni et exilé de son île natale parce qu’il a participé aux Jeux de 388 pour la ville d’Éphèse[20].

            Tout d’abord, après la compétition l’athlète rentrait chez lui en créant une brèche dans la muraille de la ville[21]. Associé à un dieu, il avait droit à son entrée privée. Arrivé en ville, accompagné d’une procession des citoyens les plus importants, il était l’invité d’honneur à un grand banquet, après avoir sacrifié au dieu tutélaire de la ville[22]. Lors du banquet, des poèmes lyriques, rédigés spécialement pour l’athlète et en son honneur, étaient chantés devant le vainqueur par une chorale de citoyens[23]. Dès son retour, l’athlète était donc accueilli en véritable conquérant.

            À son retour, l’athlète victorieux avait de plus droit à une bourse des coffres de sa ville natale. Les montants étaient différents pour chaque ville, mais ceux-ci permettaient à l’athlète d’accéder aux échelons supérieurs de la société vu leur générosité. À Athènes par exemple, le vainqueur des jeux d’Olympie recevait 500 drachmes et le vainqueur des jeux de l’Isthme recevait 100 drachmes[24]. D’autres villes étaient encore plus généreuses. Leurs athlètes victorieux pouvaient recevoir jusqu’à cinq talents[25].

            D’autres privilèges étaient accordés aux athlètes. À Sparte, l’athlète victorieux obtenait l’honneur d’être le premier à la droite du roi sur le champ de bataille[26]. À Athènes, l’athlète recevait des repas gratuits dans le prytanée, siège du gouvernement de la cité, ainsi qu’une place de choix dans la première rangée au théâtre[27]. Pritchard explique que ces honneurs n’étaient pas donnés librement à quiconque. « These two awards were among the highest honours paid by a Greek city to an individual and in classical Athens were also given to descendants of the tyrant-slayers, victorious generals and politicians who had performed an extraordinary service for the city »[28]. Ces privilèges étaient accordés à vie.

            Finalement, les athlètes victorieux avaient le droit d’ériger, de leur vivant, des statues à leur image, de grandeur nature. Ils faisaient construire une statue pour l’endroit de leur victoire et une autre qui serait visible dans leur cité d’origine[29]. Lorsque l’athlète n’avait pas les moyens de financer cette commémoration, il recevait parfois l’appui de sa ville ou d’un patron privé. La statue comprenait une inscription qui notait la victoire, la ville d’origine et le nom de l’athlète[30]. En entrant ainsi dans la postérité, l’athlète, ainsi que sa ville natale, voyaient leur prestige augmenté considérablement.

            Avec le temps, la coutume d’avoir des statues d’athlètes victorieux fut plus répandue. Les villes profitaient tellement du prestige dont ces statues procuraient que certaines en érigèrent à des athlètes vainqueurs du passé pour ajouter à leur renommée[31]. Pausanias nous racontait que c’est d’ailleurs après avoir érigé une statue à l’effigie d’Oebotas, gagnant à la course du stade lors de la sixième olympiade, et surtout grâce à elle, que les Achéens ont finalement eu un lauréat de la couronne du vainqueur, nommé Sôstratos de Pellène, la même année à la 80e olympiade[32].

            Selon H.W. Pleket, les membres de la classe supérieure de la société grecque étaient omniprésents dans les compétitions agonistiques de l’époque de Pindare jusqu’à l’ère impériale romaine, grosso modo du VIe siècle a.C. au IIIe siècle p.C.[33]. De plus, ces mêmes Grecs auraient déterminé « the prevailing ideology of Greeksport »[34]. L’élitisme sportif des Grecs de l’aristocratie n’a pas empêché l’admission graduelle d’athlètes de naissances plus modestes dans les compétitions à Olympie vers la fin du Ve siècle[35].

            Malgré les privilèges accordés aux athlètes, ceux-ci ne se vantaient pas des prix qu’ils recevaient dans les catalogues qui nous ont été transmis. En effet, les vainqueurs énuméraient leurs victoires dans les jeux sacrés en détail alors que les concours non sacrés, appelés thématiques, qui avaient des prix en argent, étaient mentionnés au passage à la fin de l’inscription[36]. Le prestige des victoires dans les concours sacrés était, semble-t-il, plus important que les montants accumulés comme prix des victoires dans les concours moins distingués et moins répandus[37]. C’est donc le statut accordé et associé aux victoires qui importait aux vainqueurs plus que la richesse accumulée grâce à celles-ci[38].

            Les athlètes victorieux étaient manifestement privilégiés par la société dans laquelle ils vivaient. Certains ont acquis un tel prestige qu’ils sont devenus tels des héros. Cette place exceptionnelle de l’athlète se reflète dans les mythes et superstitions de l’époque. Notons particulièrement les athlètes qui ont acquis des statuts héroïques ou presque divins grâce à leurs exploits sportifs.

 

Ces athlètes aux qualités héroïques

 

            Les athlètes qui participaient au périodos[39]aspiraient bien sûr à l’excellence dans leur discipline, mais leur quête s’étendait aussi à la gloire de la victoire et à la possibilité de voir leur nom survivre dans les générations futures[40]. Drees l’a exprimé de manière appropriéelorsqu’il dit que « in their quest for fame the contestants at Olympia were really seeking immortality and...the simple wreath of olive was their guarantee »[41]. Élèves d’Héraclès, qui selon Pausanias et Pindare aurait instauré les premiers Jeux olympiques, les athlètes grecs suivaient les traces d’un homme qui fut immortalisé grâce à ses exploits[42]. Quelques-uns sont même devenus des légendes après leur mort. Débutons avec celui qui est probablement le plus connu encore aujourd’hui.

 

Milon de Crotone

 

            Provenant d’une ville d’Italie du Sud qui était déjà connue pour ses athlètes remarquables, Milon connut une carrière distinguée en tant que lutteur[43]. Il a gagné sa première compétition à Olympie à la lutte chez les garçons en 540.Aux cinq olympiades suivantes, Milon fut vainqueur à la lutte chez les hommes Il a gagné la lutte des garçons et six fois la lutte des hommes aux Jeux pythiques à Delphes. Milona aussi gagné dix fois les Jeux isthmiques à Corinthe et neuf fois les Jeux néméens. Finalement, il a été cinq fois périodonikès[44].

            Plusieurs histoires circulaient à propos de Milon. Pausanias racontait que l’athlète a transporté lui même sa statue dans l’Altis à Olympie[45]. De plus, il aimait tenir une pomme grenade dans sa main et défier tous les hommes à la lui enlever. Après le combat, le fruit demeurait en parfait état lorsqu’il ouvrait sa main[46]. Milon fut finalement tué à cause de son hubris. En se promenant dans les bois autour de Crotone, il vit un arbre qu’on avait commencé à abattre. Il plaça ses pouces dans l’encoche pour faire tomber le tronc et ses doigts restèrent pris. Il fut dévoré par des bêtes sauvages, incapable de se défendre[47].

            Nous avons présenté seulement quelques-unes des histoires incroyables qui circulaient à propos de Milon de Crotone. Cet homme fort était une légende grâce à ses exploits athlétiques, mais aussi grâce à ses prouesses de force.

 

Theogène de Thase

 

            Theogène de Thase, fils de Timosthènes, était célèbre dès son plus jeune âge. Pausanias racontait d’ailleurs que son vrai père était HéraclèsThasien, qui avait pris la forme de Timosthènes, prêtre d’Héraclès, pour séduire la mère de Theogène[48]. De plus, à l’âge de neuf ans il transporta une statue de bronze de la place publique de sa ville natale jusqu’à sa demeure parce qu’elle lui plaisait bien[49].

Athlète impressionnant, il remporta la victoire à la lutte, la course de fond (le doliquos) et le pentathlon aux Jeux olympiques, il gagna trois fois la lutte aux Jeux pythiques, il gagna neuf fois à Némée et dix fois à Corinthe, soit à la lutte, soit au pancrace; il reçut au total 1 400 couronnes[50]. Sa réputation d’homme fort ne semble pas avoir été que ouï-dire.

Après la mort de Theogène, Pausanias racontait qu’un ancien adversaire venait tous les jours frapper la statue de bronze de l’athlète qui se trouvait dans la ville de Thase. La statue tomba finalement sur l’homme et le tua. Les enfants de l’homme poursuivirent la statue en justice pour le meurtre de leur père et les Thasiens jetèrent la statue à la mer. Lorsque la terre ne donna plus de fruits, les citoyens consultèrent l’oracle de Delphes qui leurordonna de rappeler tous les exilés de la ville. Ils repêchèrent éventuellement la statue et la terre redevint fertile. Un culte se développa autour de la statue de Theogène. Pausanias disait même que plusieurs statues furent érigées et que différents peuples leur attribuaient des propriétés curatives[51].

Objetd’un culte, Theogène est devenu une figure surnaturelle. Sa mémoire a été conservée pendant plusieurs années grâce à ses statues aux propriétés miraculeuses[52].

 

Cléomède d’Astypalée

 

            Comme Theogène, Cléomède d’Astypalée obtint un statut héroïque. Pausanias racontait qu’à la 71e olympiade, Cléomède tua son adversaire d’une manière brutale. Les organisateurs de la compétition, jugeant son acte excessif, lui refusèrent la couronne, ce qui le rendit fou. Il retourna donc à Astypalée et, dans sa folie, entra dans une école et fit s’effondrer la poutre centrale, détruisant l’immeuble et tuant soixante garçons du même coup. Les habitants de la ville le pourchassèrent et lui lancèrent des pierres. Cléomède se réfugia dans le temple d’Athéna et se cacha dans un coffre. Lorsque les citoyens ouvrirent le coffre, il était vide. Ils consultèrent donc l’oracle de Delphes et celui-ci les informa que Cléomède, le dernier des héros d’Astypalée, méritait leurs sacrifices puisqu’il n’était plus mortel[53]. Cléomède devint donc un héros à part entière, tout comme Héraclès ou Achille.

            Les athlètes les plus importants sont devenus des héros avec leur propre culte et propriété surnaturelle. Dans son article, J. Fontenrose parle de la création d’un type de légende associé au héros. « The hero-athlete tale, therefore, belongs to a wider type of hero legend, and the athlete is a special case of the legendary hero who was warrior, hunter, and athlete in one. The legend type tended to attach itself to famous athletes and shape them into legendary heroes »[54]. Nous voyons bien ces attributs dans les exemples que nous avons présentés.

            Ces athlètes aux propriétés surnaturelles, et aussi ceux qui ne sont pas devenus des légendes, qui recevaient tous les honneurs et à qui on attribuait des pouvoirs incroyables, ont été immortalisés par les auteurs anciens. Qu’ils soient positifs ou négatifs, les textes exprimaient la place spéciale de l’athlète dans la société.

 

Ces Grecs qui aiment leurs athlètes

 

            Les Grecs aimaient célébrer leurs victoires athlétiques et profitaient encore plus du prestige associé à de telles victoires. Les poèmes et épinicies rédigés pour chanter ces victoires expriment un respect et une admiration pour l’accomplissement de l’athlète victorieux. Ce sont principalement les œuvres de Pindare et Bacchylide qui ont été conservées. Nous présenterons donc un exemple de chacun des poètes.

            Observons d’abord la neuvième Ode de Bacchylide pour Automède de Phlius, gagnant au pentathlon lors des jeux de Némée.

Gloire, Grâces aux quenouilles dorées, qui marque la mémoire des hommes, le prophète inspiré de la Muse aux yeux violets est prêt à chanter les louanges de Phlius et de la plaine florissante de Zeus Néméen, où Héra aux blancs bras a élevé le lion tueur de moutons à la voix grave, le premier des travaux célèbres d’Hercules.

Les hommes qui ornent leurs têtes dorées de la couronne triennale pour les glorieux jeux de Némée sont illustres; et maintenant un dieu l’a remise au victorieux Automède, puisqu’il se démarqua parmi les pentathlètes comme la lune qui brille dans le ciel la nuit de la moitié du mois éclipse la lumière des étoiles.[55].

 

En présentant d’abord l’endroit où les jeux ont lieu, le poète associait dès le départ l’athlète à Héraclès. En effet, il plaçait Automède au même endroit où le héros mythique a battu le lion qui terrifiait le peuple de Némée et ainsi réussi son premier «travail». Ensuite, Bacchylide informait qu’un dieu a décerné la victoire à l’athlète puisqu’il se démarquait tellement qu’il était comparable à la lueur de la lune lorsqu’elle est pleine; il était donc favori des dieux. Automède était véritablement privilégié parmi les hommes.

            Pour sa part, Pindare chantait la gloire de Xénophon de Corinthe dans sa treizième Olympique. Quelques vers sont particulièrement pertinents.

Pendant que je louange une maison triple victorieuse à Olympie, douce envers ses citoyens, hospitalière aux étrangers, je reconnais Corinthe prospère, portail de Poséidon Isthmien, glorieuse par ses jeunes hommes. Là où habitent Eunomie et ses sœurs, les bases solides des villes : Diké et Irène, qui fut élevé avec elles, les gardiennes de la richesse des hommes, les filles dorées de la sage Thémis.

Plus grand seigneur de l’Olympe, qui règne loin; pour tous les temps, père Zeus, ne soit sans rancune de nos mots, et veillant à la sécurité de ces peuples, accorde un bon vent à la bonne fortune de Xénophon. Reçois le chant de louanges décrété en l’honneur de ses couronnes et de la procession qu’il guide depuis les plaines de Pise, puisqu’il a été victorieux dans le pentathlon et lors de la course à pied; il a atteint ce qu’aucun mortel avant lui n’avait réussi.[56].

 

Le poète commençait cette épinicie en louant la ville d’origine du vainqueur. En présentant l’origine des Horai, gardiennes du temps, des saisons et du bon ordre de l’agriculture, Pindare affirmait qu’il était inévitable qu’une telle victoire se produise puisque le cycle constant des saisons faisait en sorte que la victoire allait se placer dans l’ordre des choses. Ensuite, Zeus est invoqué et on lui sacrifie pour garantir la bonne fortune de Xénophon. Encore une fois, l’athlète était favori des dieux.

            Dans les deux cas, l’athlète est associé à une ou plusieurs divinités; Automède à Héraclès et Xénophon aux Horai et à Zeus. Cette comparaison les plaçait au-dessus des hommes, garants de la bonté des dieux et porteurs des plus hautes qualités. De plus, ils recevaient la protection divine afin d’assurer la survie de leur bonne fortune. Les poètes étaient enthousiastes dans leur louange des athlètes. Bien sûr, ceux-ci étaient souvent payés pour chanter la gloire de ces athlètes. Ce sont les hommes qui payaient les poètes qui voulaient s’assurer que la mémoire du vainqueur entre dans la postérité.

            Ce ne sont toutefois pas que des louanges qui étaient chantées pour les athlètes. Il semble que certains penseurs avaient un dégoût marqué pour ces athlètes aux attributs exceptionnels.

 

Ceux qui ne les aiment pas

 

            Contrairement aux poèmes et aux épinicies, certains auteurs manifestaient de manière claire leur dédain pour les athlètes. Cette opinion qui n’était pas accueilli par la majorité, était toutefois partagée, semble-t-il, par les penseurs, philosophes et intellectuels. Xénophane s’exprimait librement en disant que les athlètes ne méritent pas tous les honneurs qu’ils reçoivent puisqu’ils n’ont aucun mérite, contrairement aux poètes et aux philosophes qui travaillent véritablement et ne reçoivent aucun privilège en échange. Dans son article, M. Marcovich présente un poème de Xénophane sur les Jeux olympiques.

Si un homme reçoit la victoire par la rapidité de ses pieds, ou au pentathlon, là où le territoire de Zeus se trouve, à côté des rives de la rivière de Pise à Olympie; ou à la lutte, ou en possédant des qualités à la boxe douloureuse, ou lors de cette compétition terrible qu’ils appellent le pancrace : il serait plus glorieux aux yeux de ses concitoyens; et il gagnerait le privilège d’une place proéminente au théâtre; il aurait aussi du pain des greniers publics accordé par la ville; et même un cadeau qui lui servirait d’héritage. Même s’il gagnait avec ses chevaux il recevrait ses honneurs malgré qu’il ne soit pas aussi digne que moi de les recevoir. Parce que notre sagesse est meilleure que la force des hommes ou des chevaux.

 

C’est une tradition complètement injustifiée, et ce n’est pas correct de préférer la force à l’art utile. Puisque supposons qu’il y a un homme qui est bon à la boxe, ou à la lutte, ou au pentathlon, ou même qui est rapide avec ses pieds (puisque cette discipline est la plus honorée des actes de force des hommes dans la compétition) : la ville ne profiterait pas d’un meilleur gouvernement pour cette raison. Elle est très courte, en effet, la source de joie que la ville reçoit d’un athlète victorieux dans le concours sur les rives de la rivière de Pise : puisque ce n’est pas ce qui remplit les coffres de la ville[57].

 

Xénophane le disait d’un message clair : les athlètes ne méritent pas les louanges du peuple puisque leur force physique et leur prouesse athlétique n’ont pas autant de valeur que la sagesse qui, elle, contribue au gouvernement et donc à la bonne gérance de la cité. Ce sont les philosophes-poètes, comme lui-même, qui ajoutent à la qualité de la ville et ce sont eux qui devraient donc recevoir les privilèges dont les athlètes sont les récipiendaires. Marcovich explique d’ailleurs que cette coutume de récompenser les athlètes est injuste et mauvaise parce que « it reverses the scales of values in the city by placing physical strength (ρώμη)above wholesome wisdom(‘η ’αγαθη σοφιη) »[58].

Pindare, qui chantait les louanges des vainqueurs couronnés, les mettait en garde contre les dangers de l’hubris. Dans sa deuxième Olympique, le poèteprévenait les hommes de l’envie qui peut se développer chez les adversaires des vainqueurs et ainsi perturber le bon ordre de la société[59]. Il avertissait les athlètes de toujours être humbles et justes dans leur victoire et de multiplier les bonnes actions auprès de leurs proches afin de s’assurer les bonnes grâces des dieux[60]. De plus, la septième Pythique informait le vainqueur, Mégaclès d’Athènes, que malgré ses victoires nombreuses, il devait être méfiant puisque les exploits et l’envie vont main dans la main[61]. Avec ces consignes, Pindare rappelait finalement le sort de Milon de Croton, présenté plus haut, qui mourut justement de son hubris. Peut-être voulait-il que l’histoire de l’homme fort serve de leçon aux athlètes aspirants aux couronnes du périodos.

Ce danger de succomber à l’hubris est devenu une préoccupation sérieuse vers la fin du Ve siècle. Pline nous apprenait qu’un décret à Olympie à cette époque déclarait que seul un triple vainqueur aux Jeux pouvait avoir une statue érigée à son effigie et qu’elle ne pouvait être plus que grandeur nature[62]. Baringer est d’avis que « one might argue that this decree and Pindar’s treatment of envy and hubris support interpretations of the temple sculptures as warnings against hubristic behavior »[63].

Euripide parlait pour sa part du manque de discipline des athlètes. Il déclarait en effet que les athlètes grecs étaient esclaves de leur bouche et de leur estomac[64]. De même, Platon expliquait que les athlètes déroutés de leur routine habituelle succomberaient à de graves maladies, vu leur nature faible et paresseuse[65]. Il semble que selon ces auteurs, l’athlète grec, et surtout l’athlète professionnel, n’était qu’un simplet, victime de ses passions et de ses besoins primaires.

            Le statut spécial des athlètes dans la société grecque était donc notable. Ils étaient choyés et vénérés de leurs pairs et de leurs familles. Ils étaient aussi une source de dédain et de mépris pour certains auteurs, philosophes et poètes, qui ne voyaient pas la valeur de leurs prouesses athlétiques et de leur discipline physique. Cette apparente contradiction des opinions est intéressante et mérite une plus grande attention.

 

Comparaison des opinions

 

            Bien sûr, cette différence d’opinions peut s’expliquer par le fait que les poètes ayant rédigé de grandes odes aux vainqueurs de compétitions athlétiques, comme Pindare et Bacchylide, ne le faisaient probablement pas uniquement par plaisir ou loisir. Ils étaient payés pour leur travail et ce n’est pas toutes les familles de vainqueurs qui pouvaient se prévaloir de leurs services. Dans leur introduction, S. Hornblower et C. Morgan mentionnent que c’était en effet avant tout l’élite qui profitait des oeuvres de Pindare afin de se promouvoir[66].

            De plus, le fait d’avoir sa statue permettait au vainqueur de rappeler sa supériorité devant le reste de la population, que ce soit ses concitoyens ou des étrangers. Lorsqu’on sait qu’une statue coûtait environ 3 000 drachmes[67], il semble évident que seule une élite privilégiée pouvait se permettre de retenir les services d’un sculpteur, malgré leur statut de vainqueur couronné. D’ailleurs, R.R.R. Smith argumente que l’aristocratie utilisait la statuaire comme moyen intentionnel d’établir et de constamment rappeler sa suprématie sur le reste de la population[68]. Par exemple, Smith mentionne aussi que plus tard, Athènes exprimait de la fierté parce qu’elle n’avait que des statues de généraux vainqueurs érigées sur sa place publique, les autres statues ayant été retirées[69]. On ne peut que s’imaginer l’influence que les statues pouvaient avoir sur l’image d’un homme et sur la population en général.

            Nous pouvons nous demander donc si ces auteurs qui dénonçaient les athlètes, et qui ont parfois eux-mêmes participé à des compétitions[70], n’auraient été que jaloux d’une élite trop loquace. Puisque les athlètes qui participaient aux concours étaient riches, ces mêmes auteurs pouvaient mépriser les honneurs qu’on accordait aux vainqueurs, qui étaient déjà aisés et privilégiés. En effet, il est facile de remettre en question la nécessité ou même l’utilité de fournir des repas gratuits à vie à un homme qui avait déjà les moyens de s’entraîner tous les jours sans travailler et qui pouvait quitter son domicile pendant plusieurs mois afin d’entreprendre les voyages nécessaires pour se rendre aux divers sites de compétitions.

            Il semble tout de même pertinent de mentionnerA.H. Gilbert, qui dit que « all of these men thoroughly believed in the value of physical training to the citizen, and yet disbelieved in athletics as practised in preparation for the games »[71]. Nous voyons un paradoxe important dans cette attitude des auteurs grecs, qui ne voyaient pas la valeur intrinsèque de la bonne forme physique en lien avec l’entrainement athlétique.

 

*****

 

            Récipiendaire de nombreux privilèges, l’athlète vainqueur recevait les mêmes honneurs qu’un militaire décoré ou qu’un grand politicien bienfaiteur, à la Périclès. Il serait donc normal de présumer que les Grecs portaient une attention et un respect particuliers aux athlètes et à la poursuite de l’excellence athlétique. Néanmoins, ceci n’était pas totalement vrai.

            Aux IVe et Ve siècles, les Grecs adhéraient à un idéal de beauté masculine. Cette image de l’homme était représentée chez l’athlète. En effet, l’athlète devait incarner les caractéristiques de la perfection physique, mais aussi de la sagesse et de la supériorité intellectuelle et morale[72].

            La famille et les amis des vainqueurs profitaient d’un grand festin lors de leur retour de compétition et ceux-ci payaient des danseurs et une chorale pour se promouvoir. Ils engageaient de plus un poète pour rédiger une ode en l’honneur de l’athlète. Les chants parlent de vainqueurs qui sont bons autant envers leurs voisins qu’envers des étrangers. Nous pouvons donc penser que certains athlètes n’adoptaient pas nécessairement le mode de vie de l’aristocratie élitiste. Ils vivaient seulement pour ces privilèges qu’on leur avait accordés et partageaient leur nouvelle richesse avec autrui.

            Certains philosophes et poètes condamnaient les avantages qu’on accordait aux athlètes, déclarant que la sagesse surpassait grandement la forme physique. Les auteurs dénonçaient aussi le manque de discipline des athlètes face à leur appétit et du même coup leur trop grand dévouement à leur régime d’entraînement puisque ceux-ci les rendaient incapables de se consacrer à d’autres activités.

            De plus, on les accusait de profiter d’une trop grande influence à cause des statues qu’ils avaient le droit d’ériger. On disait qu’ils se servaient de ces statues pour se promouvoir. Les chants qui résonnaient à l’extérieur de leur domicile pendant plusieurs jours après leur retour ne faisaient probablement qu’ajouter à l’antipathie des penseurs.

            L’athlète grec victorieux était donc un homme à part, qu’il soit aimé ou non. Lorsqu’on chante ses louanges, il est comparé à un héros et même à un dieu, aimé des Grâces et protégé par Zeus lui-même; lorsqu’on le méprise, il n’est pas digne de faire partie de la société et de participer à l’exercice citoyen puisqu’il est trop faible pour l’armée, inutile pour faire autre chose que s’entraîner.

 


[1]D.M. Pritchard, « Sport, War and Democracy in Classical Athens » dans Sport in the Cultures of the Ancient World sous la dir. de Z. Papakonstantinou, Abingdon, Routledge, p. 64-91.

[2]H.W. Pleket, « Games, Prizes, Athletes and Ideology. Some Aspects of the History of Sport in the Graeco-Roman World », Stadion, 1, 1975, p. 49-89.

[3]J. Fontenrose, « The Hero as Athlete », California Studies in Classical Antiquity, 1, 1968, p. 73-104.

[4]H.A. Harris, Greek Athletes and Athletics, London, Hutchinson, 1964, 244p.

[5]J. Bazant, « On the Gluttony of Ancient Greek Athletes », Listy Filologické, 105, 1982, p. 129-131.

[6]A.H. Gilbert, « Olympic Decadence », The Classical Journal, 21, 1925-1926, p. 587-598.

[7]M. Marcovich, « Xenophanes on Drinking Parties and Olympic Games », Illinois Classical Studies, 3, 1978, p. 1-26.

[8]J. Baringer, « The Temple of Zeus at Olympia », Hesperia, 74, 2, 2005, p. 211-241

[9]G.E. Mylonas, « Athletic Honors in the Fifth Century », The Classical Journal, 39, 1943-1944, p. 278-289.

[10]J.P. Thuillier et W. Decker, Le sport dans l’Antiquité : Égypte, Grèce et Rome, Paris, Éditions A. et J. Picard, 2004, 260p.

[11]P. Brun, Le monde grec à l’époque classique (500-323 avant J. C.), Paris, A. Colin, 2003, 255p.

[12]Sauf indication contraire, les dates de cette étude s’entendent« avant notre ère ».

[13]Pindare, Œuvres complètes, trad. du grec par J.-P. Savignac, Paris, La Différence, 1990, 638 p.

[14]Euripide, Tragédies. Fragments. De Aigeus à Autolykos, texte établi et traduit du grec par F. Jouan et H. van Looy, Paris, Les Belles Lettres, 1998, 340 p.

[15]Pausanias, Description de la Grèce, Paris, Les Belles Lettres, 1992-1998, 8 vols.

[16]Dans l’article de M. Marcovich, cité ci-haut.

[17]Par victoire, nous entendons bien sûr la première place. Les Grecs n’accordaient pas de prix aux deuxième et troisième places d’une compétition. De plus, la participation n’était pas reconnue comme un accomplissement en soi. Seul le vainqueur recevait quelconque récompense des organisateurs de la compétition et de sa cité d’origine.

[18]V. Vanoyeke, La naissance des Jeux olympiques et le sport dans l’Antiquité, Paris, Les Belles Lettres, 2004, p. 78. Puisque la citoyenneté d’un homme était établie selon sa cité de naissance et non selon le territoire grec, qui n’était pas un pays en soi, l’athlète pouvait concourir seulement au nom de sa ville natale. L’athlète recevait donc une citoyenneté nouvelle, c’est-à-dire d’une autre ville, lorsque l’une d’entre elles venait le recruter.

[19]Le doliquos était la course de fond. Celle-ci pouvait être longue de sept à vingt-quatre stades, ce qui équivaut entre 1 400 et 4 800 pieds.

[20]Ibid., p. 79.

[21]Suétone, Vie de Néron, xxv, 1.

[22]L. Drees, Olympia. Gods, Artists, Athletes, London, Pall Mall Press, 1968, p. 106.

[23]Ibid., p. 102. Cf. Mylonas, loc. cit., p. 283. Drees nous informe de plus que des chorales chantaient des poèmes et récitaient des épinicies devant la demeure du vainqueur après le banquet, afin de continuer à honorer l’athlète.

[24]Drees, op. cit., p. 107. Une drachme équivalait à un mouton ou à un boisseau de maïs, le montant total représentant donc une véritable fortune. Un homme avec un revenu annuel de 500 drachmes se trouvait dans l’échelon le plus élevé de l’échelle sociale et économique.

[25]Ibid.Nous savons que Solon, vers le début du Vie siècle avant notre ère, avait établi la valeur d’un talent à 6 000 drachmes.

[26]Mylonas, loc. cit., p. 283.

[27]Pritchard, loc. cit., p. 66.

[28]Ibid.

[29]Mylonas, loc. cit., p. 278.

[30]Un bel exemple est une pierre se trouvant au musée de Délos datant du début du iie siècle ; la statue est perdue. En plus de l’inscription honorifique, la pierre énumère toutes les victoires du lutteur pendant sa carrière. La dédicace se lit comme suit :

ΜηνόδωρονΓναίουἈθηναῖον, νικήσαντατὴνπερίοδονκαὶτοὺςἄλλους

[ἱεροὺςἀγῶνας,

ΔημήτριοςἈπολλοδότουἈντιοχεύς,               Ἀπόλλωνι.

ID1957                                               

 

(Statue de) Ménodôros fils de Gnaios, Athénien,

qui a gagné les concours du périodos et les autres concours sacrés

(dédiée) à Apollon (par) Démétrios fils d’Apollodotos, d’Antioche.

[31]J. Baringer, loc. cit., p. 238.

[32]Pausanias, op. cit., VII, 17, 6-7 et 13-14. Notons qu’il y a probablement confusion de la part de Pausanias. Pausanias lui-même parle de vainqueurs à Olympie entre Oebotas et Sôstratos. Cf. le commentaire de Y. Lafond dans Pausanias, Description de la Grèce, livre VII, l’Achaïe, texte établi par M. Casevitz, texte traduit et commenté par Y. Lafond, Paris, Les Belles Lettres, 2000, p.163.

[33]H. W. Pleket, loc. cit., p. 71-72.

[34]Ibid., p. 72.

[35]Ibid., p. 73.

[36]Ibid., p. 87.

[37]Malgré la participation de concurrents de plusieurs cités différentes, les concours thématiques n’avaient pas l’importance des concours sacrés; considérés comme locaux, ils n’avaient pas le prestige des jeux œcuméniques. Les jeux sacrés étaient stéphanites et isélastiques, accordant une couronne et une entrée triomphale dans leur ville natale aux vainqueurs.

[38]H.W. Pleket mentionne que les athlètes vainqueurs membres de l’aristocratie n’ont jamais refusé les prix en argent d’une victoire. Malgré la participation de membres des sphères inférieures de la société et de la présence de « nouveaux riches », ceux-ci n’ont jamais été menacés dans leur position en société, contrairement à la noblesse du 19e siècle qui elle fut intimidée par la bourgeoisie émergente, créant ainsi la distinction entre l’argent et le sport et le dédain du professionnalisme sportif. p. 88-89. Sur le professionnalisme au 19e siècle, cf. S. Darbon, Diffusion des sports et impérialisme anglo-saxon : de l’histoire événementielle à l’anthropologie, Paris, Édition de la Maison des sciences de l’homme, 2008, p. 42-46.

[39]Le périodos était le nom donné au circuit des grands jeux du territoire grec. Ceux-ci incluaient les jeux d’Olympie, de Némée, de Delphes et de Corinthe. Appelé périodonikès, l’athlète qui réussissait à gagner les quatre jeux au cours du même cycle se retrouvait véritablement dans une classe à part.

[40]Le concept de kleos est entre autre expliqué dans Le Banquet de Platon, 208c, lorsque Diotima explique à Socrate que les hommes sont braves dans le but d’acquérir une gloire impérissable plutôt que pour le bien de leurs enfants : καὶκλέοςἐςτὸνἀεὶχρόνονἀθάνατονκαταθέσθαι.

[41]Drees, op. cit., p. 101. Le prix remis aux vainqueurs était en effet seulement une couronne d’olivier. Nous l’avons vu, les vraies récompenses des vainqueurs étaient recueillies à leur retour à la maison.

[42]Pausanias, op. cit., V, 7, 7 et Pindare, Olympiques VI, l.67.

[43]La ville de Crotone avait une préoccupation particulière pour l’excellence de la forme physique. Nous savons qu’autour de la 50e olympiade, les sept premiers coureurs à finir dans la course du stade étaient originaires de la ville. De plus, six coureurs de Crotone ont remporté la victoire dans leur discipline dans les olympiades avant l’arrivée de Milon. Voir Harris, op. cit., p. 110.

[44]Pausanias, op. cit., VI, 14, 5-8.

[45]Site sacré du sanctuaire d’Olympie où se trouvaient les temples de Zeus et d’Héra. C’est l’endroit où les statues dédicacées étaient placées.

[46]Pausanias, op. cit., VI, 14, 5-8.

[47]Ibid.

[48]Pausanias, op. cit., VI, 11, 2.

[49]Ibid.

[50]Pausanias, op. cit.,VI, 11, 5.

[51]Pausanias, op. cit., VI, 11, 6-9.

[52]H.A. Harris mentionne une inscription datant de quatre siècles après la mort de Theogène, qui vécut au début du Ve siècle. Elle explique les procédures à suivre lorsqu’un individu désire faire un sacrifice à la statue de l’athlète. Elle informe aussi le sacrifiant qu’une partie monétaire de son sacrifice doit être remise au magistrat responsable des affaires religieuses de la ville. De telles sommes seront ensuite utilisées afin de faire d’autres offrandes à Theogène de la part du conseil et du peuple. H.A. Harris, Greek Athletes and Athletics, London, Hutchinson, 1964, p. 118.

[53]Pausanias, op. cit., VI, 9, 6-8.

[54]J. Fontenrose, « The Hero as Athlete », California Studies in Classical Antiquity, 1, 1968,

p. 87.

[55]Bacchylide, Ode IX, l. 1-9, 21-29. Notre traduction de l’anglais.

[56]Pindare, Olympique XIII, l.1-9, 24-31. Nous traduisons del’anglais.

[57]M. Marcovich, « Xenophanes on Drinking Parties and Olympic Games », Illinois Classical Studies, 3, 1978, p. 17-18.Nous traduisons de l’anglais.

[58]Ibid., p. 19.

[59]Pindare, Olympique II, l.95-100.

[60]Ibid.

[61]Pindare, Pythique VII, l.18-22.

[62]Plinel’Ancien, Histoire Naturelle, 34, 16.

[63]Baringer, « The Temple of Zeus at Olympia », Hesperia, 74, 2, 2005, p. 238.

[64]Euripide, Autolycos, fragment 284.

[65]Platon, La République, III, 404a.

[66]S. Hornblower et C. Morgan, dir., Pindar’s Poetry, Patrons and Festivals, Oxford, Oxford University Press, 2007, p. 10-11.

[67]R.R.R. Smith, « Pindar, Athletes, and the Early Greek Statue Habit », dans S. Hornblower et C. Morgan, dir., Pindar’s Poetry, Patrons and Festivals, Oxford, Oxford University Press, 2007, p. 107.

[68]Ibid., p. 141-142.

[69]Ibid., p. 106.

[70]Nous savons qu’Euripide a gagné des prix aux Jeux d’Éleusis et il a aussi participé aux Jeux olympiques. Pour sa part, Platon a gagné des prix à la lutte à Delphes, à Némée et à Corinthe sous l’entraînement de son père qui lui-même était un athlète distingué. A.H. Gilbert, « Olympic Decadence », The Classical Journal, 21, 1925-1926, p. 592.

[71]Ibid., p. 593.

[72]Th. Bedrick, « The Race of Athletes », The Classical Journal, 45, 2, p. 138.