Par
Félicitée-Aziza April
Université du Québec à Montréal

 

L’Histoire secrète aura permis à la postérité de se rappeler de l’impératrice Théodora,  mais à quel prix? En effet, l’auteur Procope de Césarée y a décrit avec soin une femme cruelle, froide, sadique, une débauchée sexuelle, une femme qui répondait  à ses instincts primaires et qui se préoccupait de son bien-être avant tout. Excluant cet écrit de Procope, les sources contemporaines à l’impératrice Théodora, femme de Justinien Ier, sont très rares. En effet, mis à part son portrait sur une des mosaïques de la basilique de Ravenne, l’Impératrice n’a pas laissé beaucoup d’autres traces d’elle qui nous permettraient de confirmer ou de contredire ses propos.

 

C’est à la suite d’une lecture, relectures attentives de l’œuvre de Procope et de recherches sur le sujet, que nous sommes arrivés à penser que l’Histoire secrète  serait le reflet des mœurs, des valeurs et des idées conservatrices de Procope plutôt que d’une réalité historique. Malgré tout, nous avons pour hypothèse qu’il dresse néanmoins un portrait de Théodora qui pourrait être réaliste. En effet, ce portrait aurait pu être celui d’une personne ayant existé, mais aurait-il choqué autant que le décrivait Procope? Finalement, c’est en lisant l’ouvrage Gender in the Early Medieval World[1] de Leslie Brubaker et Julia M. H. Smith que nous avons réalisé que le portrait de Théodora aurait probablement été manipulé par les techniques rhétoriques utilisées par Procope, dans le but d’y présenter une anti-femme[2]. En effet, il est intéressant de noter que Brubaker décrit le style de Procope comme en étant un familier dans les sociétés de traditions romaines et byzantines et qui utilisait implicitement la diffamation sexuelle et les mensonges pour arriver à ses fins[3]. Ainsi, on peut en déduire que, pour l’auteur, les faits n’étaient pas la chose qui avait le plus de valeur dans un récit. Dans ce texte, nous expliquerons comment nous en sommes arrivé à être en accord avec cette hypothèse.

 

Premièrement, nous présenterons une mise en contexte de l’œuvre. Deuxièmement, nous dresserons le portrait de l’Impératrice selon le pamphlet de Procope, tout en comparant les reproches que lui a faits celui-ci avec les normes de la société, pour constater jusqu’à quel point cette inversion est importante. Cette comparaison s’effectuera à partir des trois points les plus importants qui définissaient la bonne ou la mauvaise morale d’une femme. Le premier point portera sur la pudeur qu’une femme se devait d’avoir, et que Théodora n’aurait absolument pas eue, car elle n’aurait pas hésité à se dévêtir en public et à avoir plusieurs partenaires sexuels. Le deuxième point portera sur l’importance du mariage et du respect des liens de parenté, deux choses importantes pour le maintien de la classe aristocratique que Théodora n’aurait pas respecté. Quant au troisième point, il portera sur le non-respect que Théodora aurait eu de son rôle de femme. En effet, Procope écrivit à plusieurs reprises que l’Empire était dirigé par Justinien et par elle. L’auteur lui reprochait de sortir des activités de la sphère privée pour se consacrer à la politique avec son mari.

 

Mise en contexte

 

L’Histoiresecrète

Procope de Césarée écrivit au VIe siècle un ouvrage qui ne fut publié qu’après sa mort. L’œuvre qui porte le nom d’Histoire secrète[4] dresse un portrait dur de son ancien employeur Bélisaire et de sa femme Antonina, mais aussi et plus précisément de l’empereur Justinien Ier et de sa femme Théodora. La traduction sur laquelle nous avons travaillée est celle réalisée par Pierre Maraval[5]. Celui-ci situe la création du pamphlet à la fin de l’écriture des Guerres[6] vers 550[7]. L’Histoire secrète serait un supplément d’information «pour révéler les causes véritables de certains évènements racontés là, ce qu’il n’avait osé faire.[8]». Toutefois, comme l’explique Maraval, le texte s’illustra rapidement comme une compilation des fautes commises par Justinien et non comme explication complémentaire aux Guerres[9]. En raison du contenu du livre, il est aisé de comprendre pourquoi Procope ne le publia pas de son vivant. C’est d’ailleurs beaucoup plus tard que l’Histoire secrète fut massivement connue du grand public. En effet, elle dormit dans la bibliothèque du Vatican  jusqu’au XVIIe siècle[10].

 

Dans le prologue de l'Histoire secrète, Procope annonça clairement le sujet de son pamphlet, c’est-à-dire de faire le récit des méfaits et de la mauvaise conduite de quatre personnages qu’il a quotidiennement et intimement côtoyés[11]. Qu’il s’agît de cruauté à l’égard de certaines personnes, de politique fiscale douteuse, de l’appropriation des biens de famille de Byzance ou des inconduites sexuelles de Théodora, Procope les expliqua par le mauvais caractère du couple et donna beaucoup de détails sur ceux-ci[12].

 

Procope

Comme personne n’a écrit sur Procope, nous le connaissons seulement par ses propres textes où d’ailleurs, il ne parla pas beaucoup de lui. Cela fait en sorte que sa biographie n’est à ce jour pas très bien connue[13]. Nous savons pourtant qu’il serait né au début du VIe siècle en Palestine dans la ville de Césarée. Bien que ses origines et son lignage ne nous soient pas connus, nous savons qu’il a reçu une instruction qui lui permit de devenir rhéteur. En 527, il entrait au service de Bélisaire et accomplissait des tâches de secrétaire et de conseiller juridique[14].

 

Le portrait de Théodora selon Procope

 

L’importance de la pudeur chez la femme

            Procope fait remonter le manque de pudeur de Théodora à sa plus tendre enfance. Selon ses écrits, elle serait née à Byzance. Son père aurait été gardien des bêtes sauvages à l’hippodrome et membre de la faction des verts[15]. Il mourut alors que Théodora était encore très jeune. Sa mère aurait repris un compagnon, lui aussi de la faction des verts qui, mariant la veuve d’Akakios, aurait récupéré son emploi. Procope décrivit ensuite de quelle manière la famille de Théodora changea de faction. Son compagnon ayant perdu son nouvel emploi au profit d’un autre vert, la mère de Théodora aurait tenté d’utiliser la foule du cirque pour en appeler à la clémence des membres de sa faction. Procope écrivit qu’elle aurait fait habiller ses trois filles à la façon de suppliantes et les aurait fait s’avancer dans le cirque rempli de spectateurs. Malgré cette mise en scène, les verts ne changèrent rien à leur décision et ce furent les bleus, faction adverse, qui offrèrent un nouvel emploi au chef de la famille. Ainsi se déroula, selon Procope, la première partie de l’enfance de Théodora.

 

Procope enchaina ensuite avec les débuts de sa carrière d’actrice. Il écrivit que ce serait la mère des trois sœurs qui les aurait fait monter sur scène, «…car elles étaient fort belles à voir[16]… ». Elle aurait déjà, à la même époque, commencé à vendre son corps, mais comme elle n’était pas encore une femme, elle se serait donnée aux hommes comme l’aurait fait un garçon. Par la suite, ayant atteint la puberté, dépourvue de talent artistique, elle serait devenue mime. Procope écrivit que c’était sa beauté physique qu’elle monnayait et non une performance théâtrale[17]

 

Théodora aurait été la courtisane d’un certain Hékébolos, qu’elle accompagnait dans la province africaine. Procope indiqua, sans nous en donner les détails, qu’elle aurait offensé son amant et que celui-ci l’aurait chassée. Se retrouvant à la rue et sans argent pour retourner à Byzance, Théodora n’aurait eu d’autre choix que de vendre à nouveau son corps. Par la suite, encore une fois sans donner de détails, l’auteur nous dit que ce fut une fois revenu à Byzance qu’elle et Justinien se seraient rencontré[18].

 

Il faut savoir que même si la société romaine avait reconnu que la prostitution tenait une place importante, les prostitués n’avaient pas de conditions de travail exemplaires et encore moins un statut social respectable. En effet, les personnes qui s’adonnaient au commerce de leur corps se retrouvaient dans la position d’infamia. Ce mot signifiait que ces gens n’avaient plus de réputation. En effet, si un citoyen se prostituait, il perdait son statut. La personne qui perdait son statut ou qui n’en avait jamais eu pouvait être violentée physiquement et sexuellement sans que la loi romaine ait prévu quelque chose pour la défendre[19]. Donc, même si les membres de la société romaine ne voyaient pas de mal à ce qu’un citoyen voit une prostituée, cette dernière n’était pas bien vue. Par conséquent, que l'Empereur ait une courtisane comme concubine était une chose, semble-t-il, mais qu'elle devint Impératrice aurait pu définitivement être choquant, dans le contexte de l'époque.

 

Procope nous donna le portrait d’une femme n’ayant que très peu de pudeur. Il écrivit que son goût pour une sexualité débridée qui aurait débutée alors qu’elle était assistante de sa grande sœur Comito dans ses débuts au théâtre. Elle développa aussi un goût pour la violence[20]. Étant devenue une actrice-mime, elle montrait sans gêne son corps à tous ceux qui voulaient bien le voir, gardant sa culotte pour couvrir ses parties génitales, non dans un souci de pudeur, mais bien parce que la loi l’obligeait. De plus, Procope nous la décrivit comme une femme ayant un appétit sexuel insatiable, se rendant dans des fêtes et offrant son corps à tous les hommes présents pour ensuite continuer avec leurs esclaves. L’auteur nous dit aussi qu’elle n’était pas honteuse de sa conduite et qu’au contraire, elle ne perdait jamais une occasion de montrer sa poitrine en public, ou d’accomplir des gestes et des scènes obscènes au théâtre[21].

 

Mais Théodora n’aurait pas seulement été libertine au sujet de sa sexualité, elle aurait aussi eu une influence sur celles des autres femmes. Elle aurait même été jusqu’à encourager la relation adultère qu’Antonina entretenait. Cette dernière était la femme de Bélisaire, un des généraux de l’armée de Justinien. L’épouse idéale était celle qui restait à la maison et qui travaillait la laine. Elle restait chaste pour son mari et faisait preuve de pudeur. De plus, si une femme sortait en catimini de sa demeure, son mari avait le droit de se séparer d’elle. Bien que ces mœurs se fussent détendues durant l’Empire, une femme respectable ne sortait jamais si elle n’était pas accompagnée[22]. Selon le concept du mariage, la femme ne devait pas être perçue par son mari comme un objet de plaisir ou de désir[23]. Un homme qui aurait attendu de sa femme un comportement similaire à celui d’une maîtresse aurait pu passer pour un mari qui manquait de respect envers sa femme. Il faut savoir que pour les Romains, l’institution du mariage servait principalement à créer une descendance légitime à l’homme[24]. Ainsi, la vie sexuelle des époux n’était pas l’élément le plus important d’un mariage[25]. Par contre, en passant de la République à l’Empire, la relation maritale évolua. En fait, la littérature de cette époque nous permet aujourd’hui de savoir que le mari passa d’une situation de supériorité absolue sur son épouse à une affection et une sympathie sincère à l’égard de celle-ci[26]. Cette affection pouvait être exprimée par le besoin que Justinien avait de faire plaisir à sa femme, en lui offrant des richesses. En effet, Procope écrivit lui-même que c’est ce qui importait le plus aux yeux de l’Empereur[27].

 

Une bonne matrone se devait d’être pudique. Or, Procope, dans le chapitre IX, écrivit que Théodora se montrait souvent presque nue sur la scène. Même s’il semblait choqué de ce manque de pudeur, le lecteur doit savoir qu’il était commun pour les actrices de se montrer ainsi à la fin d’une pièce[28]. De plus, les thèmes les plus utilisés au théâtre étaient ceux provenant de la mythologie et spécifiquement ceux tirés de scènes érotiques[29]. D’ailleurs, ces acteurs qui devenaient célèbres ne laissaient pas les citoyens et les Empereurs indifférents. Nombre d’entre eux atteignirent une grande renommée et étaient même devenus célébrés. D’ailleurs, Théodora n’aurait pas été la première avec qui un Empereur aurait eu une histoire. En fait, l’empereur Caligula et l’empereur Domitien auraient eu, eux aussi, des histoires avec des acteurs[30]!

 

La femme était aussi considérée comme étant inférieure à l’homme[31] et restait mineure toute sa vie[32]. La femme mariée était la propriété de son mari, comme l’étaient la demeure et les esclaves. Elle se devait d’assurer une descendance à la lignée de son mari. À la fin de la République, le territoire conquis par les Romains s’était considérablement élargi. Cette perspective sur de nouvelles cultures développa l’ouverture d’esprit des Romains[33]. De sorte que durant l’Empire, la patricienne pouvait sortir de chez elle, sans que cela soit mal vu. Aussi, les activités (les massages, les bains publics et les soupers entre amis), que l’on jugeait n’être réservées qu’aux courtisanes, commençaient à faire partie du quotidien des femmes romaines[34]. Cela ne plut pas à la majorité et nombreux en furent les détracteurs, dont Cicéron faisait partie. Manifestement, cela ne sembla pas plaire à Procope non plus. De plus, les divorces étaient de plus en plus nombreux, spécialement dans l’aristocratie[35]. En effet, la femme obtint le droit de repartir avec sa dot, en mettant fin au mariage. Aussi, comme les femmes se présentaient de plus en plus en public, le besoin se fit pour elle de s’éduquer[36]. Même si des conservateurs s’y opposèrent, le mouvement, une fois commencé, ne s’arrêta[37] qu’avec les invasions germaniques[38].

 

Néanmoins, malgré ce que nous pourrions interpréter comme une ouverture des mentalités romaines, il faut toutefois penser aux valeurs chrétiennes qui commençaient à prendre place dans la société du VIe siècle.  Même si le christianisme ne fut pas l’élément déclencheur d’une révolution des mœurs, il apporta tout de même des changements. Par la christianisation, l’image de la mère devint un symbole important. La mère de famille développa ainsi une influence plus grande sur sa famille et ses enfants. En effet, on ne peut nier l’importance de la Vierge Marie, mère de Jésus dans la culture chrétienne, et ce dès le début de son histoire[39]. Pour se protéger des tentations que la femme crée, les règles l’encadrant se raffermirent. Parce que l’actrice s’affichait devant un public au théâtre, elle ne respectait pas ces règles et cela devint scandaleux, lorsque la chair devint un péché. De plus, la femme qui n’aurait pas su rester vierge jusqu’au mariage serait rudement jugée[40].

 

Il est intéressant ici de s’arrêter pour mentionner que Procope a décrit dans le chapitre X tous les attributs qu’une bonne épouse devrait avoir. C’est-à-dire une femme de bonne naissance, élevée à l’écart, qui aurait eu de la pudeur, qui aurait été vierge à son mariage[41]. Ainsi, le portrait qu’il nous fait de Théodora semble en être à l’opposé. Selon Brubaker, il s’agissait d’une tactique de Procope, non pour montrer le manque de vertu de l’Impératrice, mais pour montrer l’incompétence de son mari, trop incompétent pour voir ces défauts chez sa propre femme[42].

 

Au contraire des hommes, les femmes ne jouissaient pas d’une grande liberté sexuelle dans le nombre ou le sexe de leur partenaire. La femme qui se trouvait à être l’élément dominant dans une relation  n’était pas bien perçue. Encore pire qu’une femme qui tenait le rôle actif dans une relation sexuelle avec un homme :  la femme qui tenait ce rôle avec une autre femme. Dans ce cas-ci, elle était perçue comme un «monstre» écrivit, Paul Veyne, dans son ouvrage Sexe et pouvoir à Rome. Elle se devait d’être l’élément passif de la relation sexuelle, c’est d’ailleurs comme cela que la femme se trouvait à être définie[43]. Cependant, chapitre IX, Procope écrivit qu’elle choisissait ses clients elle-même[44]. Aussi, la vision de l’actif et du passif allait plus loin que ce que nous avons précédemment vu. En fait, ces deux rôles constituaient une extension de la hiérarchie sociale. Celui qui dominait politiquement et socialement se devait de perpétuer sa domination dans ses relations sexuelles. Il s’illustrait ainsi en vainqueur et en être supérieur[45]. Si la femme se devait d’être passive, la Théodora de Procope ne semblait pas respecter cette règle de la société. En choisissant elle-même ses clients dans la rue, en les sollicitant même, Théodora ne respectait pas son rôle passif. Elle ne se montrait pas comme un être inférieur. En fait, elle n’agissait pas selon son rang social ni comme une femme.

 

Si l'on compare la vie sexuelle des femmes nobles avec celle des non-nobles, un des points les plus importants est celui relatif à la chasteté. L’abstinence chez les femmes nobles était encore plus importante, parce qu’on croyait que l’héritage de l’homme se transmettait par le sang et que ce transfert se déroulait durant l’acte sexuel. De plus, si une femme trompait son mari, non seulement elle ne pouvait prouver qu’il était bien le père de ses enfants, mais en plus, cette souillure entachait toute la lignée de l’homme[46]. Si l'on sait que Procope semblait abasourdi qu’une femme de son extraction devienne Impératrice, on peut imaginer qu’il n’aurait pas non plus apprécié un empereur qui aurait été son fils. Procope mentionna d’ailleurs explicitement qu’il ne comprenait pas pourquoi Justinien n’a pas choisi «…une femme d’une merveilleuse beauté, vierge…» au lieu «…d’une femme couverte de monstrueuses souillures[47]…». Nous reviendrons sur ce sujet plus en détail dans le prochain point.

 

Ainsi, avec ces deux exemples, nous avons pu démontrer que Théodora est décrite par Procope comme ayant agi tout à fait contrairement aux bonnes mœurs de l’époque. Néanmoins, nous devons garder en tête que les mœurs sexuelles ne devaient certainement pas être respectées par tout le monde et à la lettre. De plus, les populations de l’époque ne devaient pas être bien renseignées sur les mœurs sexuelles de leurs dirigeants. Par contre, il ne faudrait pas non plus sous-estimer la force que pouvaient prendre les rumeurs courant sur la famille impériale dans la population. Néanmoins, elles devaient aussi avoir des soucis plus importants, notamment la guerre contre l’empire Sassanide. À nouveau, nous nous devons de souligner que Procope a décrit une femme au comportement totalement opposé à celui qu’aurait dû suivre une femme de son rang.  Était-ce dans le but de décrire une réalité ou de discriminer la femme de l’Empereur? Encore une fois, selon l’hypothèse de Brubaker, Procope aurait décrit ‘’the perfect anti-woman, with all qualities that late Roman culture valued in a woman inverted[48].’’. Donc, dans ce premier point, nous avons vu que Théodora n’aurait pas respecté  le concept de pudeur, concept qui était important pour évaluer la vertu d’une femme. Dans le second point, nous verrons qu’elle n’aurait pas non plus respecté l’institution du mariage ni les liens de parenté.

 

Le respect du mariage et des liens de parenté

Selon Brubaker, le statut d’une femme de cette époque reposait sur ses liens de parenté et sur son mariage. Il est donc intéressant que Procope ait passé plusieurs chapitres à expliquer comment Théodora ne respectait pas son mariage ni celui des autres et comment les liens de parenté ne représentaient rien de sacré pour elle. Premièrement, il s’indignait que l’empereur Justinien ait épousé une actrice. En fait, celui-ci écrivit même que se marier avec elle était d’apporter de la honte à tout l’Empire[49]. Ce n’était peut-être pas la relation de Justinien avec une actrice qui gênait Procope, mais plutôt son mariage. En fait, lorsque Procope écrivit au paragraphe 30 du chapitre IX que Justinien vivait avec Théodora sans qu’ils fussent mariés, il n’extrapolait pas. En effet, il était tout à fait commun pour un citoyen d’avoir une concubine logée chez lui. Toutefois, les lois de l’époque ne rendaient pas légal le mariage entre un citoyen et une ancienne courtisane. Justinien aurait profité de l’état avancé de décrépitude mentale de son oncle, pour lui faire abolir la loi qui l’empêchait d’épouser Théodora[50]. C’est peut-être justement le fait que Justinien aurait changé certaines lois pour arriver à ses fins que l’auteur n’aurait pas apprécié, et cela dans le but de marier une actrice.  Ainsi, le non-respect du mariage aurait été une procédure partagée dans le couple. Rappelons-nous aussi que Procope avait accusé Théodora au  chapitre III d’avoir une influence sur la sexualité des femmes qu’elle côtoyait. En effet, l’Impératrice aurait encouragé l’adultère. 

 

Deuxièmement, Procope s’indigna aussi du fait que non seulement elle n’aurait pas respecté son mariage, mais elle aurait aussi encouragé d’autres femmes à imiter ses comportements. De plus,  au chapitre XVII, Procope écrivit que plus personne ne pouvait se marier sans l’accord de l’Impératrice. Cependant, il faut savoir que l’Impératrice avait un rôle important dans les mariages s’ils étaient de nature politique. Au chapitre V, Procope donna un exemple de mariage diplomatique. En effet, Théodora aurait voulu marier son petit-fils avec la fille de Bélisaire. Elle sait qu’ainsi il héritera de la fortune du général. Il ne faut pas oublier qu’en agissant ainsi, Théodora ne sortait pas des prérogatives de son rôle de femme, car il s’agissait d’un mariage de nature politique qui en plus impliquait un membre de sa famille. Il est aussi intéressant de noter que Procope ne nous donne pas plus de détails au sujet de ses mariages, il écrivit simplement qu’elle le faisait «…sans aucune raison[51]…». Nous ne pouvons donc pas savoir si l’Impératrice était très investie dans la création d’alliances par le mariage, ou si elle prenait plaisir, comme le prétend Procope, à obliger les gens à se marier. Il est intéressant de se rappeler que Procope écrivit plus d’une fois que Théodora se comportait sans justification et sous l’impulsion de ses sentiments. Ces deux exemples montrent que Procope aurait aussi utilisé dans ce cas-ci, comme le pense Brubaker, une technique d’inversion. C’est-à-dire que comme dans le point précédent, il aurait montré que Théodora ne se comportait pas comme une femme le devrait. En effet, ici elle ne respecte pas le mariage ni les liens de parenté en choisissant elle-même qui s’unirait ou non.

 

Le rôle de la femme

Nous en arrivons ici à exploiter une autre inversion que Procope aurait fait subir à Théodora. Dans les deux précédents points,  nous avons abordé des sujets qui touchaient la sphère de la vie privée, sphère dans laquelle évoluaient les femmes. Néanmoins, Théodora n’aurait pas été le contraire parfait des bonnes mœurs romaines si elle n’avait pas aussi agi hors de sa sphère de prérogative. En effet, la  société byzantine du VIe siècle était patriarcale ce qui réduisait les champs d’activités féminines à un ensemble plutôt restreint[52]. Ainsi, ce dernier point décrira comment elle aurait agi contrairement à comment les femmes devaient le faire dans la sphère publique, c’est-à-dire en se mêlant aux actions publiques et politiques de Justinien. Dans l’introduction, nous avons mentionné que Procope aurait utilisé des techniques rhétoriques connues et utilisées durant la période antique par les orateurs romains. Ainsi, il est intéressant de noter que Procope semble les avoir calquées sans les avoir ajustées aux mentalités de son époque pour ce point. En effet, avec le christianisme, le mariage des empereurs est devenu le symbole d’une unité du couple royal qui se retrouvait aussi dans le règne et la gestion de l’Empirequi devint ainsi une responsabilité partagée par les deux époux[53]. Herrin écrivit d’ailleurs que «le rôle de la femme est devenu essentiel à l’expression du rôle impérial de l’homme[54]

 

La première inversion porte sur l’étiquette très stricte que Théodora aurait imposée à tous de respecter en sa présence. En fait, la rencontrer aurait été pratiquement impossible, au contraire de son mari qui était accessible. Pour sa part, Théodora aurait fait patienter pendant plusieurs jours les gens voulant une rencontre avec elle. De plus, une fois en sa présence, ils n’auraient pas pu s’adresser à elle, sauf si elle leur en accordait le droit. Procope nous rapporta qu'il s'agissait d'un privilège qu'elle accordait rarement[55]. Par ailleurs, elle aurait fait changer la façon dont les gens devaient la saluer elle et son mari. Procope écrivit que peu importe le rang de la personne, celle-ci devait se prosterner jusqu’au sol[56]. Néanmoins, la présence de la femme de l’Empereur aurait été nécessaire à la tenue de certains évènements diplomatiques, à certains festivals religieux ou encore à certains évènements importants ayant lieu à la cour. Même si l’Impératrice pouvait être remplacée par une autre femme de la famille royale, ces évènements nécessitaient une présence féminine[57].

 

La deuxième inversion traite des pouvoirs que Théodora aurait eus dans la gestion de l’Empire. En effet, Procope avise les lecteurs que l’Impératrice aurait eu tous les pouvoirs pour intervenir comme il lui plaisait dans tous les domaines, par exemple: les élections des magistratures et des sacerdoces, qu’elle aurait truquées pour y faire élire les hommes qu’elle souhaitait. Il nous dit aussi qu’elle aurait arrangé les mariages entre citoyens selon ses bonnes convenances, ne laissant plus les gens libres d’épouser ceux qu'ils désiraient[58]. Il nous révéla aussi que l’Empereur et l’Impératrice agissaient pratiquement toujours ensemble et qu'en étalant publiquement leurs désaccords, ils tentaient de diviser leurs sujets[59]. Premièrement, comme nous l’avons mentionné précédemment, le couple royal devenait avec le mariage chrétien une équipe. Deuxièmement, les impératrices étaient assistées par des eunuques, des hommes éduqués ayant des postes importants qui leur étaient réservés. Ces hommes instruits leur apportaient l’opportunité d’élargir leurs champs d’expertise. En effet, avec leur aide, l’impératrice pouvait contrôler son propre trésor et ses propres investissements. Avec cette nouvelle vision du couple royal et ces nouveaux moyens, il n’était donc pas rare que des impératrices arrivassent à sortir des frontières qui leur avaient été fixées[60].

 

Quant à la troisième inversion, elle porte sur le non-respect de l’étiquette féminine. En effet, Théodora n’aurait pas contrôlé ses pulsions, comme elle le devait, et elle aurait fait preuve de violence de façon récurrente. Tout d’abord, celle-ci n’aurait pas bronché devant une gifle et se serait même trouvée à en rire. Par ailleurs, il ne s’agit pas du seul exemple d’usage de la violence que Procope nous livra sur l’Impératrice. Il nous dit aussi que si son mari honorait un citoyen d’une fonction et qu’elle avait voulu y voir quelqu’un d’autre à sa place, elle n’hésitait pas à le faire tuer[61]. De plus, elle aurait aussi éprouvé du plaisir à réunir un tribunal composé de juges de son choix pour y faire juger des accusés qui se seraient toujours trouvés coupables. Ils subissaient la torture, ou bien se retrouvaient exilés ou mis à mort. Procope nous révéla aussi que Théodora aurait été une femme très jalouse. Elle n'aurait pas hésité à attaquer ses collègues lorsqu’elle était actrice ou à faire tuer une reine des Goths par jalousie[62]. Procope nous révèle l’exemple le plus flagrant de sa cruauté[63], lorsqu’il raconta qu’elle aurait eu une histoire de cœur avec un de ses servants. À la suite de la découverte de cette histoire, pour s’assurer que personne ne croirait la chose, elle aurait fait torturer l’homme et l’aurait aussi fait disparaître[64]. Pour cette dernière inversion, la preuve que Procope voulait donner l’image d’une mauvaise impératrice à la postérité  réside dans le texte d’Herrin. En effet, cette dernière écrivit que les seules preuves concernant ces accusations de meurtres et de tortures proviennent des écrits de Procope[65]. Ainsi, ces propos s’inscrivent très bien dans l’hypothèse de Brubaker, c’est-à-dire que Procope n’aurait pas cherché à produire le portrait de Théodora, mais plutôt à en produire un d’une mauvaise impératrice.

 

Nous avons maintenant une image de ce que Procope voulait montrer de Théodora, c’est-à-dire le portrait d’une femme froide, cruelle avec des instincts sexuels incontrôlables qu’elle aurait eus en elle dès l’enfance. Selon les propos rapportés par l’Histoire secrète, elle aurait été consciente de son charme, aurait pris du plaisir à dévoiler son corps en public, aurait eu de nombreux amants et tout cela sans en ressentir le moindre sentiment de gêne. Par des passages sélectionnés dans l’œuvre, nous avons donné une vision globale des mœurs et des comportements qu’attribuait Procope à Théodora.

 

***

Finalement, en comparant le contexte culturel de l’époque, nous avons été à même de constater que le portrait de Théodora par Procope était très souvent celui d’une femme opposée à la bonne citoyenne. Néanmoins, si Théodora était comme l’a décrite Procope, il est très fort probable qu’elle en aurait choqué plus d’un. Si un différend au niveau des mœurs ne semble pas assez important pour justifier l’écriture de L’Histoire secrète, pourrait-il s’agir d’un différend politique?  Il faut aussi penser au statut social de l’auteur. En effet, ce dernier, un noble de Césarée, voit ses fonctions et ses rémunérations menacées par la reconquête de Justinien. De plus, l’Empire était affaibli par les attaques des Sassanides et les révoltes sociales, notamment celle de Nika. En effet, il semble que L’Histoire secrète pourrait aussi se révéler utile dans une analyse de la situation politique de Byzance au VIe siècle. Finalement, c’est à cause de cette inversion totale que nous pensons que L’Histoire secrète ne peut nous aider à réaliser un portrait réaliste de l’impératrice Théodora. Néanmoins, nous pouvons l’utiliser pour travailler sur l’objectivité de Procope ou encore sur les reproches qu’il tenait à Justinien. En effet, selon Leslie Brubaker, l’Histoire secrète n’aurait pas eu comme but d’exécuter un portrait réaliste de l’Impératrice, mais plutôt de dresser le portrait d’une femme qui serait en mesure de révéler toutes les faiblesses de Justinien. En effet, comment un homme qui a choisi une ancienne actrice et prostituée comme femme et qui la laisse diriger l’Empire avec lui pourrait-il faire preuve de bon jugement dans son rôle d’Empereur[66]? Sachant cela et sachant que l’objectivité n’était pas le but premier de Procope, l’Histoire secrète ne peut donc pas aider l’historien à comprendre les personnages qui y sont décrits, mais bien son auteur, ses revendications et ce qui les motivait.

 

 


[1]Leslie Brubaker, Julia M.H. Smith, Gender in the Early Medieval World. East and West, 300-900, Cambridge, Cambridge University Press, 2004, 333 p.

[2]Le terme anti-femme est celui utilisé par Brubaker pour décrire une femme dont les comportements et les valeurs vont à l’encontre de celles de la bienséance.

[3]Leslie Brubaker, Julia M.H. Smith, op. cit., p. 84.

[4]Procope de Césarée, Histoire Secrète, trad. Pierre Maraval, préf. d’Alain Nadaud, Les Belles Lettres, Paris, 2009, 3e éd. (1ere éd. 1990), 214 p.

[5]Procope de Césarée, op. cit., p. 10.

[6]Ibid.P.10.  

[7]J.A.S. Evans, «Justinian and the Historian Procopius», Greece & Rome, Second Series, Vol. 17, No. 2, octobre 1970, p. 222. Evans le date aussi de la même année.

[8]Procope de Césarée, op. cit. P.11. Comprendre ce qu’il n’avait osé faire dans les Guerres.

[9]Ibid.

[10]J.A.S. Evans, op. cit., p. 222.

[11]J.A.S. Evans, op. cit., p. 220. Premièrement, il écrivit sur Bélisaire (son premier employeur) ainsi que sur sa femme Antonina. Ensuite, il passa aux cas de l’empereur Justinien et de Théodora, son épouse. Procope amorça son ouvrage avec une rédaction des délits sexuels d’Antonina. Selon ses dires, cette dernière aurait eu un amant. Mais Procope ne fit pas que reprocher à Antonina son inconduite, il réprimanda aussi Bélisaire qu’il ne jugeait pas assez rude et ferme avec elle. En effet, l’auteur nous apprend que ce dernier se serait laissé manipuler par Antonina, lui permettant ainsi de conserver ses mœurs adultères. Procope expliquait par la suite les causes de la disgrâce de Bélisaire.

[12]Procope de Césarée, op. cit. XII, 24-26, 12-28, 32. L’auteur alla même jusqu’à écrire que Justinien serait un démon et que sa femme aurait eu des relations sexuelles avec d’autres démons.

[13]J.A.S. Evans, op. cit., p. 220.

[14]Procope de Césarée, op. cit., p. 9. Officieusement, il se serait aussi employé à des tâches d’espionnages.

[15]Byzance était divisée en deux factions, les bleus et les verts.

[16]Procope de Césarée, op. cit. IX, 8. La sœur aînée de Théodora commença sa carrière alors qu’elle était encore trop jeune pour être actrice. Aussi, elle l’aurait accompagnée en tant qu'assistante.

[17]Ibid.Livre IX, 12.

[18]Ibid.

[19]Géraldine Puccini-Delbey, Géraldine, La vie sexuelle à Rome, Tallandier, 2007, p. 115-116.

[20]Procope de Césarée, op. cit. IX, 14. Procope nous dit qu’on pouvait la frapper sans qu’elle s’en plaigne et qu’elle se trouvait même à en rire.

[21]Ibid. IX, 10-14. Il nous informa qu’alors n’étant pas pubère, elle s’offrait comme le faisaient les garçons. Étant devenue une femme, elle continua de vendre son corps.

[22]Géraldine Puccini-Delbey, op. cit., p. 71-72. C’est dire à quel point il était important de les voir demeurer en retrait.

[23]Michel Foucault, Histoire de la sexualité III, Le souci de soi, Liège, Éditions Gallimard, 2011, p. 236.

[24]Ibid., p. 101

[25]Géraldine Puccini-Delbey, op. cit.,  p. 40.

[26]Michel Foucault, op. cit., p. 108.

[27]Procope de Césarée, op. cit. IX, 31.

[28]Nickie Roberts, Whores in History, Harper Collins Publishers, London, 1992, p. 48.

[29]Ibid., p.  47-48.

[30]Ibid. Le premier aurait eu des relations avec trois différents artistes. Quant au deuxième, sa relation publique avec un acteur aurait entrainé le divorce avec sa femme. Mais le divorce ne venait pas d’elle, mais bien de lui. Aussi, Brutus et Marc Antoine eurent tour à tour pour maitresse une actrice célèbre à Rome du nom de Cythéris. Cette dernière fut rendue célèbre par le numéro qu’elle présentait devant le public. Il s’agissait d’un numéro de danse et de chant pendant lequel elle se déshabillait.

[31]Joëlle Beaucamp, «Le statut de la femme à Byzance (4e-7e siècle), I Le droit impérial, II Les pratiques sociales», Revue des études byzantines, 1993, Volume 51, Numéro 1, p. 263.

[32]Paul Veyne, Sexe et pouvoir à Rome, Lonrai, Éditions Tallandier, 2005, p. 164.

[33]Danielle Gourevitch, M.-T Raepsaet-Charlier, La femme dans la Rome antique, Paris, Hachette, 2001, p. 46.

[34]Guy Fau, L’émancipation féminine dans la Rome antique, Les Belles Lettres, Paris, 1978, p.11.

[35]Ibid., p. 20.Par exemple, la femme de Cicéron, qui était beaucoup plus riche que lui, le quitta lorsque sa carrière politique battait de l’aile. Elle put repartir avec toute sa richesse.

[36]Ibid.

[37]Danielle Gourevitch, M.-T Raepsaet-Charlier, op. cit., p. 46.

[38]Guy Frau, op. cit., p. 198.

[39]Judith Herrin, «The Imperial Feminine in Byzantium», Past & Present, 2000, No. 169, p. 5.

[40]Guy Frau, op. cit. P. 199. En fait, de nombreux Pères de l’Église écrivirent des textes relatant les attributs néfastes de la femme. Elle était alors perçue comme un objet de désir.

[41]Procope de Césarée, op. cit. X, 2.

[42]Leslie Brubaker, Julia M.H. Smith, op. cit., p. 91.

[43]Paul Veyne, op. cit., p. 198.         

[44]Procope de Césarée, op. cit. IX, 15.

[45]Michel Foucault, Histoire de la sexualité II, L’usage des plaisirs, Liège, Gallimard, 1984, p. 279.

[46]Géraldine Pucinni-Delbey, op. cit., p. 84.

[47]Procope de Césarée, op. cit. X, 2-3.

[48]Leslie Brubaker, Julia M.H. Smith, op. cit., p. 94.

[49]Ibid.

[50]Procope de Césarée,op. cit. IX, 47.  Aussi, l'Impératrice, la tante de Justinien qui était une ancienne esclave, s’opposait fermement à une union entre son neveu et sa concubine. Ce fut après sa mort que Justinien put faire abolir par son oncle la loi contre les mariages entre citoyen et courtisane.

[51]Judith Herrin, op. cit., p. 24.

[52]Ibid.,  p. 4

[53]Ibid.., p. 20.

[54]Ibid.,  p. 22.

[55]Procope de Césarée, op. cit. XV, 6-8, 13-16. Procope nous livra aussi le rituel quotidien auquel Théodora se serait adonnée pour entretenir sa beauté physique. Il nous révéla qu’elle aurait pris de très longs bains, aurait dormi plus que nécessaire et aurait mangé des mets exotiques en abondance.

[56]Ibid. XXX, 23. Théodora aurait donc été une femme très fière de son image imposant à tous un respect d’elle plus grand que ce que les autres Impératrices auraient demandé avant elle et même plus grand que ce que son mari l’empereur attendait de ses sujets.

[57]Judith Errin, op. cit.,p. 22.

[58]Procope de Césarée, op. cit. XVII, 27-28. Procope écrivit que plusieurs des nouvelles pratiques politiques auraient été instaurées par Théodora.

[59]Ibid. X, 14-15. En fait, Théodora aurait laissé aux membres des bleus le droit de faire ce qu’ils voulaient bien. Bien que Justinien ait désapprouvé publiquement, il ne faisait rien pour les en empêcher. Procope expliquait que cette tactique aurait eu pour but de diviser leur peuple à fin d’avoir une plus grande influence sur lui. De cette façon, ils auraient divisé les factions et plus tard les chrétiens en usant de la même technique.

[60]Judith Errin, op. cit. p. 23-25.

[61]Procope de Césarée, op. cit. XV, 10.

[62]Ibid. XVI, 1-4. Procope nous donna aussi un exemple avec deux membres de la faction des verts. Cette faction l’ayant rejetée lorsqu’elle était enfant, elle aurait aussi fait torturer ces deux membres.

[63]Ibid. XXII, 23-27. Selon Procope, Théodora en plus d’être cruelle aurait aimé s’entourer de gens qui trouvaient du plaisir à maltraiter les sujets de l’empire. Il dit aussi que plus ils étaient cruels, plus elle les aimait.

[64]Ibid. XVI, 17. Procope relata que cette façon de s’occuper des gens qui l’encombraient était usuelle. En fait, elle aurait payé des gens pour qu’ils emmènent loin de Byzance des éléments nuisibles.

[65]Juditch Herrin, op. cit., p. 32.

[66]Leslie Brubaker, Julia M.H. Smith, op. cit., p. 99-100.