Par
Mélissa Benjamin
Université du Québec à Montréal

 

Avec l’arrivée de l’imprimerie, le livre est devenu plus que jamais la porte d’accès aux savoirs scientifiques. Grâce à sa capacité de diffusion et au développement de la typographie, des dispositifs référentiels et du marché, le livre s’est transformé en un outil de recherche indispensable au rayonnement du Siècle des Lumières. Bien que les recherches abondent, hier comme aujourd’hui, sur l’histoire du livre, un aspect semble parfois négligé : celui des dispositifs référentiels[1]. Ces dispositifs sont constitués de symboles typographiques tels que la main, l’astérisque, la croix, les crochets, les parenthèses, les renvois, mais aussi tout ce qui a trait à la mise en page comme les notes de bas de page, les marginalia, la table des matières, l'index, etc.[2].  Nous nous demandons alors si les dispositifs référentiels, en plein essor au XVIIIe siècle, sont utilisés par les éditeurs européens afin d'accroître la valeur scientifique[3] de leurs livres et ainsi en tirer de meilleurs bénéfices sur le plan financier. Nous croyons que c’est effectivement le cas, et pour le démontrer nous utiliserons l’Histoire générale des voyages,édité par Pierre de Hondt à La Haye en 1747. Cet ouvrage connut une très grande notoriété. Il fut édité d’abord en anglais, puis eut deux éditions en français et une en allemand, plusieurs suites ont également été publiées. Parmi toutes ces éditions, celle de Pierre de Hondt se distingue pour son originalité dans le choix et l’utilisation des dispositifs référentiels.

Tout d’abord, nous regarderons les aspects pratiques des dispositifs référentiels. Nous clarifierons ce qu’ils sont dans un sens large, puis nous expliquerons les particularités de l’édition de Pierre de Hondt. Ensuite, pour les aspects économiques, nous verrons la domination des libraires hollandais dans le marché du livre et pour terminer, nous commenterons la compétition féroce avec l’édition de Paris.

 

Les sources utilisées pour cette recherche sont d’abord et avant tout les 25 tomes de l’Histoire générale des voyages[4], publiés par Pierre de Hondt à partir de 1747 à La Haye. Il s’agit d’une réédition de la traduction française par l’Abbé Prévost éditée par Didot en 1746 à Paris[5]. John Green est l’auteur de la compilation originale de ces récits de voyages et d’explorations scientifiques publiés en anglais sous le titre, A New General Collection of Voyages and Travels. L’édition originale, publiéepar Thomas Astley en 1745 à Londres, est parfois appelée la Astley collection[6]. Les éditions de Paris et de Londres ont fait partie de nos sources, ainsi que d’autres ouvrages de compilation de récits de voyage traduits ou non en français entre le XVIIIe et XIXe siècle, afin de faire un travail de comparaison sur l’utilisation des dispositifs référentiels. Nous avons aussi utilisé des traités de typographie qui vont du XVIIe au XXe siècle afin de voir comment étaient usuellement utilisés les dispositifs référentiels, leurs diverses significations et leur potentielle évolution.

 

Dans l’édition de Pierre de Hondt, ce sont principalement les avertissements des éditeurs qui nous ont renseignés sur les dispositifs référentiels et les méthodes de notre éditeur. C’est aussi ce qui nous a permis d’éclaircir les changements et les irrégularités entre certains tomes, dont les faits importants sont les suivants : il est mentionné dans le tome 10 que John Green cesse la compilation dû à des problèmes financiers et que l’abbé Prévost a décidé de la continuer comme auteur. Au tome 17, qui est publié après le tome 18, l’éditeur s’excuse auprès de ses lecteurs pour ce retard et en explique les raisons. Au tome 19, les nouveaux éditeurs nous apprennent la mort de Pierre de Hondt, mais montrent leur volonté de continuer l’édition et de la rendre supérieure à celle de Paris.

 
1. Aspects pratiques
 
1.1. Qu’est-ce que sont les dispositifs référentiels?

 

Les dispositifs référentiels sont des symboles typographiques et toutes autres indications qui concernent la mise en page. Leur utilisation a pour but de faciliter la lisibilité du texte en permettant de repérer d’un seul coup d’œil les différentes composantes du texte. Elle permet également d’accéder rapidement et efficacement à des informations plus précises à l’intérieur de l’ouvrage. Le livre devient dès lors un outil de recherche efficace. La consultation rapide[7] en est améliorée et entraîne à partir du XVIe siècle la multiplicationdes éditions scientifiques, qui prendront encore plus d'importance durant le Siècle des Lumières. Ajoutons à cela l’exercice intellectuel, que certains éditeurs comme Pierre de Hondt ont entrepris, de différencier du texte original les additions, les corrections, les commentaires, les citations, les références, etc. du traducteur et de l'éditeur. Ces dispositifs référentiels donnent aux lecteurs un critère de comparaison entre les éditions rivales d’un même ouvrage et leur permettent de vérifier leur crédibilité et leur fiabilité, comme nous le faisons pour un texte scientifique d'aujourd'hui.

 

Dès le XVIIe siècle, plusieurs ouvrages traitent de typographie et établissent clairement l’usage de plusieurs dispositifs référentiels[8]. Fait intéressant, la majorité de ces dispositifs sont encore utilisés aujourd’hui, et ce, même parmi les plus anciens ; la main, par exemple, existait déjà dans les textes manuscrits du Moyen Âge. De plus, leurs usages sont souvent restés identiques à travers le temps. L’utilisation que l’on fait de la main aujourd’hui est aussi restée telle qu’un traité de 1825 la définit : « la main a pour objet de fixer l’attention sur des notes ou remarques en tête desquelles elle est placée. On la trouvait autrefois dans un grand nombre de dictionnaires; mais maintenant on ne la voit guère que dans des avis à la publicité »[9]. Nous en voyons un exemple sur une publicité de Loto-Québec en 2013 (voir l’Annexe D).

 

Au XVIIIe siècle, la première référence inscrite dans le livre est la page titre. La norme de l’époque inclut le nom de l’éditeur, le lieu et la date; il peut y avoir des informations sur l’imprimeur, mais elles sont plus souvent dans le colophon. Notez que l’auteur n’y est pas souvent inscrit, mais est généralement cité dans la préface. Pour ce qui est des sources utilisées par les auteurs, ce sont les notes de bas de page qui doivent être consultées. En revanche, à la période moderne, la norme n’est pas encore de les citer systématiquement. Les notes de bas de page avaient surtout la fonction d’ajouter des précisions et commentaires. Anthony Grafton, qui date les débuts de la note de bas de page à la fin du XVIIe siècle[10], écrit qu’« au XVIIIe siècle, la note en bas de page était une forme élevée des arts littéraires »[11]. Les commentaires pouvaient parfois avoir plus d’impact que le texte lui-même, par exemple lorsqu’ils servaient à critiquer le texte écrit par un autre auteur. Les notes de bas de page pouvaient donc servir de lieu de débat ou bien de provocation.

 

1.2. Les particularités de l’édition de Pierre de Hondt

 

Malgré la multitude de dispositifs référentiels à leur portée, les éditeurs du XVIIIe siècle ne restent pas toujours entièrement fidèles aux textes originaux. Bien qu’il existe des règles établies, les éditeurs peuvent décider d’y aller selon leur fantaisie. C’est d’ailleurs sur ce point que Pierre de Hondt se démarque avec son édition de l’Histoire générale des voyages. Le texte original étant en anglais, puis traduit en français, notre éditeur a voulu montrer aux lecteurs que son édition est la plus fidèle au texte original, sans pour autant sacrifier les ajouts du traducteur et sans se priver d’en ajouter lui-même. Comme il prend bien le temps de l’expliquer dans l’avertissement du tome 1, il utilise les mains pour attirer l’attention sur les crochets ou les notes qui renferment ses ajouts ou ses corrections. Les croix sont utilisées devant les crochets qui renferment les ajouts du traducteur[12]. Un fait intriguant est que l’éditeur ne nomme pas les deux symboles par leur nom, disant seulement « cette marque » suivie du dessin pour les désigner.

 

Il est commun à l’époque que les traducteurs se donnent la liberté de changer les textes. Donc, lorsque le traducteur s’éloigne ou change le sens original, De Hondt met une note en bas de page commençant par le mot Anglois (ou l’abréviation Angl.)et se terminant par R.d.E (Remarque de l’éditeur). Il permet donc aux lecteurs d’entrevoir l’intention réelle de l'auteur. Pour distinguer les notes de l’auteur, du traducteur et de l’éditeur, celles du traducteur se terminent par R.d.T (Remarque du traducteur), et celles de l’éditeur par R.d.E. (sans le mot Anglois). De Hondt a donc un souci développé du respect des auteurs, une sensibilité peu répandue à l'époque, mais qui gagne en importance. Il a également une haute idée de la crédibilité de son édition qui fait d’elle un outil plus fiable que l’édition de l’abbé Prévost et que l’édition allemande de Bey Arstée et Merkus[13](1748), qui ne font pas ces distinctions.

Lorsque le traducteur, l’abbé Prévost, continue la compilation en tant qu’auteur, les distinctions citées précédemment perdent leur sens, car il ne s’agit plus d’une traduction. Toutefois, toujours dans le but de montrer l’exactitude et la supériorité de son édition, comme il le dit lui-même, De Hondt prévient le public des changements dans ses dispositifs référentiels. C’est dans ces avertissements qu’il présente les côtés négatifs de l’édition de Paris et en quoi son édition lui est si supérieure[14].

 

À la mort de Pierre de Hondt, vers 1765, ses successeurs à Amsterdam continueront l’édition et utiliseront des dispositifs de référence plus proches de ceux établis dans les traités de typographie. Cette pratique deviendra d’ailleurs une norme utilisée de plus en plus fréquemment par d’autres éditeurs au début du XIXe siècle.

 
2. Aspects économiques
 
2.1. La domination des libraires hollandais

 

Des buts purement économiques motivent notre éditeur dans le choix de ses dispositifs et dans son insistance à promouvoir leur supériorité. Durant tout le XVIIe siècle et la première moitié du XVIIIe, la Hollande domine le marché « international » du livre[15]. Le contexte culturel européen est alors propice à ce marché ; les éditions scientifiques sont à la mode même pour les lecteurs les plus férus dans le domaine[16]. Néanmoins, derrière la propulsion de la Hollande[17], se trouve sa politique de tolérance envers les religions et sa censure très faible. Ces traits particuliers ont d’ailleurs fait du pays un lieu de refuge pour plusieurs professionnels du marché du livre à cette époque, principalement des Français[18].

 

Cette concentration de gens du métier a fait mûrir plusieurs idées très modernes comme la publication de grands classiques en petit format afin de les rendre plus malléables, plus accessibles et plus abordables. Les Hollandais avaient en contrepartie la mauvaise réputation de faire beaucoup de plagiat. Frédéric Barbier décrit cette réputation comme suit :

 

 La librairie hollandaise bénéficiera encore au XVIIIe siècle d’une image de liberté et de progrès, parfois aussi de scandale, au point qu’une adresse hollandaise, même factice, fonctionne comme une garantie de la nouveauté du texte, voire de son caractère potentiellement subversif, donc comme un argument de vente.[19]

 

Toutefois, vers 1720, une crise économique touche gravement le marché du livre en Hollande, et frappe La Haye de plein fouet en 1740[20]. Plusieurs presses de la ville font faillite, la production baisse, de même que la qualité. De plus, la concurrence internationale augmente durant la deuxième moitié du XVIIIe siècle, les Anglais, les Français ainsi que les Allemands rattrapant rapidement les Hollandais.

 

Il nous est alors plus facile de comprendre l’insistance si forte que Pierre de Hondt met dans la démonstration de sa supériorité par rapport à l’édition de Paris. Dans ses avertissements, ses principaux arguments de vente sont la fiabilité, la crédibilité et les nombreuses augmentations qu’il propose. Ceux-ci sont répétés à chaque tome[21]. En plus de devoir combattre la réputation de plagiat qu’ont les Hollandais, il fait face à des problèmes économiques qui le poussent à donner la priorité à la rapidité de publication plutôt qu’à des considérationsesthétiques[22]. Cela explique certaines erreurs qui se sont glissées dans son édition, comme l’oubli de refermer des crochets ou un saut dans l’ordre alphabétique des notes de bas de page. Il est intéressant de noter, cependant, qu’il a quand même fait le choix de prendre beaucoup de temps pour réviser au complet l’édition de Paris, et d’y faire des ajouts parfois considérables. Il savait que ses dispositifs référentiels avaient une importance capitale dans l’argument de vente de son édition et que la crédibilité intellectuelle était un atout important pour conquérir le public.

 

2.2. Une compétition féroce

 

Il est maintenant clair que l’économie a joué un rôle dans les choix intellectuels des éditeurs. D’ailleurs, même quand le marché va bien, rien ne garantit la vente des livres. Une édition pouvait parfois prendre plus de 50 ans pour s’écouler[23]. L’éditeur doit donc évaluer l’éventuelle popularité d’un livre avant même de penser à l’imprimer, car il prend de gros risques[24]. En ce qui concerne l’Histoire générale des voyages, nous pouvons supposer que ce fut un succès. Notre éditeur avait jugé l’entreprise rentable, ayant eu le temps de voir la réception de la version originale anglaise, puis la traduction de l’abbé Prévost publiée en 1746 et éditée par le premier Didot de la fameuse lignée d’imprimeurs. Nous avons pu constater qu’il ne s’était pas trompé, car plusieurs autres éditions sont apparues par la suite : une en Allemagne en 1761; une continuation à Paris en 1770 par Panckoucke, un éditeur bien connu[25]; un abrégé en 1780 qui sera réédité en 1822, et d’autres encore.

 

L’édition de l’abbé Prévost[26] fut publiée un an avant celle de Pierre de Hondt. Il est fort possible que ce dernier ait voulu faire souscrire à son édition (aussi en langue française) le lectorat déjà acquis par l’édition de l’abbé. La compétition entre l’édition de La Haye et l’édition de Paris semble avoir été intense. Il est clair en voyant les pages de l’édition de Paris[27] que la priorité fut donnée à l’esthétique au détriment des dispositifs référentiels, ceux-ci apparaissant avec abondance dans l’édition de La Haye. Malgré la présence de quelques avertissements du traducteur, rien dans l’édition de Paris ne permet d’expliquer les choix de l’éditeur (ou le traducteur) concernant ces dispositifs.

 

Les avertissements de l’édition de La Haye nous permettent de voir quelques conflits avec l’abbé Prévost. Toutes les opportunités sont utilisées pour souligner la supériorité scientifique[28] de l'édition hollandaise. Dans le tome 9, Pierre de Hondt traduit la préface de John Green, celle-ci ayant été omise par le traducteur à Paris. La raison de cette omission est fort simple, l’auteur avouant lui-même préférer l’édition de La Haye, qui respecte davantage son texte et comporte moins d’erreurs. De plus, il n’est pas rare de voir un passage de l’avertissement ou des critiques de l’abbé Prévost lui-même (en tant que traducteur puis en tant qu’auteur) retranscrits dans celui de De Hondt afin que ce dernier puisse démolir chaque argument qui était contre son édition. Bref, les deux hommes ne cessent de dire subtilement ou clairement que l’édition de l’autre ne vaut rien tout en gardant une politesse de façade.

 

Pierre de Hondt vante son édition ailleurs qu’à l’intérieur de celle-ci. Il a usé de prospectus pour faire de la publicité et il a mis des notes dans les catalogues de ses diverses publications pour dire que son Histoire générale des voyages est la meilleure. Dans le catalogue de l’ouvrage Essai sur l’histoire des Corallines[29], il ajoute exceptionnellement un nota bene à l’Histoire générale des voyages. Ce nota bene est le suivant : « Cette Edition e[s]t infiniment plus ample, plus exa[ct]e & plus vraie que celle de Paris; & on [s]e donne tous les [s]oins po[ss]ibles pour la rendre de plus en plus intére[ss]ante & magnifique ». Nous croyons que cette dynamique aurait contribué à populariser l’usage des dispositifs référentiels.

 

*****

 

Pour conclure, l’Histoire générale des voyages de Pierre de Hondt nous montre bien qu’au XVIIIe siècle les dispositifs référentiels peuvent être utilisés par les éditeurs européens afin d'accroître la valeur scientifique de leurs livres et ainsi, tenter d’en tirer de meilleurs bénéfices sur le plan financier. Ayant pour but d’améliorer la lisibilité, de permettre la consultation rapide d’ouvrage et la vérification de la valeur scientifique des informations, ces dispositifs transforment le livre en un outil de recherche. Le livre peut désormais être lu par section. On peut le consulter et trouver une information rapidement et l’on peut valider cette information en remontant à la source. Alors que les traités de typographie établissent les règles de ces dispositifs, c’est au XIXe siècle qu’ils semblent se normaliser. Le XVIIIe siècle constitue donc un moment de transition important, où des éditeurs comme Pierre De Hondt se sont efforcés de créer des systèmes de plus en plus raffinés afin de rendre leurs éditions plus scientifiques, et de ce fait mieux vendables. Notre éditeur montra par ses dispositifs et ses avertissements un grand souci intellectuel pour l’auteur et pour le public, et il sut satisfaire l’un comme l’autre.

 

De Hondt bénéficie aussi de la réputation d’innovation des Hollandais et il contribua à la renforcer par ses dispositifs référentiels. Ils lui assurent une meilleure crédibilité et un contenu augmenté tout en le protégeant de la mauvaise réputation de plagiat. Dans le contexte de crise économique et de l’augmentation fulgurante de la compétition, il choisit d’utiliser ces dispositifs comme argument de vente afin d’écraser la concurrence que lui faisait l’édition de Paris. S’il n’avait pas cru en leur avantage pratique, intellectuel et économique, Pierre de Hondt n’aurait pas fait le choix de les intégrer à son édition, ni de louanger autant leurs mérites. D’autres éditions scientifiques ont été le théâtre d’une grande concurrence, comme la Cosmographie universelle d’André Thevet et celle de François de Belleforest, parues toutes deux en 1575. Le premier se vante d’être le plus fiable, car cosmographe du roi et voyageur, il a lui-même vu ce qu’il décrit, alors que le second, philologue, se dit meilleur par ses connaissances et plus fiable par l’utilisation de ses sources qui sont vérifiables et attestées, alors que le voyageur peut mentir. Cette idée de fiabilité qui nous revient.

 

Pour terminer, Pierre de Hondt, par ses préoccupations économiques liées aux exigences intellectuelles du public, a développé des dispositifs référentiels qui font de son édition un jalon dans l’évolution du livre comme outil de recherche scientifique. Il serait intéressant d’en savoir plus sur les autres ouvrages de cet éditeur afin de voir s’il était constant dans le choix de ses dispositifs référentiels.

 

ANNEXE A

Extrait des pages 8 et 9 du tome 4 de l’édition de La Haye et de ses dispositifs référentiels (marginalia, renvois avec parenthèses et alphabet, notes de bas de page, crochets, main, croix, R.d.E).

 
ANNEXE B
 
Titre complet de l’Histoire générale des voyages :

           

HISTOIRE // GENERALES// DES VOYAGES,// OU// NOUVELLE COLLECTION// DE TOUTES LES RELATIONS DE VOYAGE,// PAR MER ET PAR TERRE, //QUI ONT ETE PUBLIEES JUSQU’A PRESENT  DANS LES DIFFERENTES// LANGUES DE TOUTES LES NATIONS CONNUES// CONTENANT// Ce qu’il y a de plus remarquable, de plus utile, & de mieux avéré, dans les Pays où les // Voyageurs ont pénétré,// Touchant leur Situation, leur Etendue, leurs Limites, leurs Divisions, leur// Climat, leur Terroir, leurs Productions, leurs Lacs, leurs Rivières// leurs Montagnes, leurs Mines, leurs Citez & leurs principales// Villes, leur Ports, leurs Rades, leur Edifices, &c.// AVEC LES MŒURS ET LES USAGES DES HABITANTS,// LEUR RELIGION, LEUR GOUVERNEMENT, LEURS ARTS ET LEURS// SCIENCES, LEUR COMMERCE ET LEURS MANUFACTURES;// POUR FORMER UN SYSTÊME COMPLET D’HISTOIRE ET// DE GEOGRAPHIES MODERNE, QUI REPRESENTERA// L’ÉTAT ACTUEL DE TOUTES LES NATIONS :// ENRICHIE DE CARTES GÉOGRAPHIQUES// Nouvellement composées sur les observations les plus authentiques;// DE PLANS ET, DE PERSPECTIVES;DE FIGURES D’ANIMAUX// DE VÉGÉTAUX, HABITS, ANTIQUITEZ, &c.

 

ANNEXE C

 

 

Page titre de l’édition de La Haye.

 

 

ANNEXE D

 

 

 

Publicité pour Lotto :D, Lotto Québec, 2013

 

 

ANNEXE E

 

 

Page titre et page 6 du premier tome de l’édition de Paris.


[1] Cependant, les dispositifs référentiels sont considérés dans des ouvrages comme celui de Henri-Jean Martin, La naissance du livre moderne. Mise en page et mise en texte du livre français (XIVe –XVIIe siècles), Paris, Éditions du Cercle de la Librairie, 1999, 494p. ou comme dans l’ouvrage de Frédéric Barbier, Histoire du livre en Occident, Paris, éd. Armand Colin, 2012, 351p.

[2] Voir Annexe A.

[3] Par valeur scientifique, nous entendons que le livre est organisé de manière à améliorer la lisibilité et l’accès rapide aux informations désirées. De plus, les dispositifs référentiels peuvent être utilisés pour mettre en évidence les renseignements qui permettent au lecteur d’avoir un meilleur regard critique. 

[4] Voir le titre complet à l’Annexe B et l’image de la page titre à l’Annexe C. John Green (1730-1753), auteur jusqu’au tome 10 (1753), Histoire générale des voyages, trad. de l’anglais par l’Abbé Antoine-François Prévost (1697-1763), auteur à partir du tome 11 (1755), La Haye, éd. Pierre de Hondt, tomes 1 à 18 (1747 à 1763), Amsterdam, éd. E. Van Harrevelt et D. J. Changuion, tomes 19 à 25 (1772 à 1780), tomes en in-4.

[5] Sylviane Albertan-Coppola a publié de nombreuses recherches sur l’édition de l’abbé Prévost de l’Histoire des voyages, comme les articles « Les Américaines dans l’Histoire générale des voyages de l’abbé Prévost », Les Amériques des écrivains français, éd. Sylvain Menant, Travaux de littérature, no. 24, 2011, p.81-92 et « Des récits des voyageurs à l’Histoire générale des voyages : la représentation des Africaines », L’Afrique, éd. D. Diop, P. Graille, I. Zatorska, Dix-huitième siècle, no. 43, 2011, p.165-181.

[6] Quatre tomes en in-4.

[7] « Le système de référence et de repérage mis en place autour des notices est conçu pour une pratique moderne de la lecture de consultation ». Frédéric Barbier, Histoire du livre en Occident, Paris, éd. Armand Colin, 2012, p. 130.

[8] Deux ouvrages par exemple; Étienne Binet, Essay des merveilles de nature et des plus nobles artifices pièce très nécessaire, à tous ceux qui font profession d’éloquence, Rouen, éd. Romain de Beauvais, 1624. ; Joseph Moxon, Mechanick Exercises on the whole Art of Printing, Londres, éd. Joseph Moxon, 1683-1684.

[9] Henri Fournier, Traité de la typographie, reproduction de l’édition renouvelée de 1903 par l’éditeur Arthur Viot, (1re édition 1825), Cœuvres-et-Valsery, éd. Ressouvenances, 1997, tome 1, p. 93.

[10] Anthony Grafton, Les origines tragiques de l’érudition, une histoire de la note en bas de page, Paris, éd. Seuil, 1998, p. 146-147.

[11] Ibid., p. 11.

[12] Voir l’Annexe C.

[13] John Green, Allgemeine Historie der Reisen zu Wasser und Lande, Leipzig, éd. Bey Arkstée et Merkus, 1747 à 1774, 21 vol.

[14] De Hondt rajoute des textes à la compilation originale que ni les Anglais ni les Français ne semblent posséder, comme les récits de voyageurs hollandais en Indes-Orientales ajoutés dans le volume 10 (1753) que l’édition de Paris ne possède pas.

[15]Simon Eliot et Jonathan Rose, A Companion to the History of the Book, Malden, éd. Wiley-Blackwell, 2007, p. 248.

[16]Henri-Jean Martin et Roger Chartier, « Le livre triomphant 1660-1830 », Histoire de l’édition française, Paris, éd. Promodis, 1984, tome 2, p. 206.

[17] En plus de son opportunisme dans le domaine, car dès le XVe siècle, 14 villes possèdent des presses. Barbier, op.cit., p.164. Elle profite aussi de ces innovations techniques pour la fabrication du papier au XVIIe siècle. Martin et Chartier, op.cit., p. 35.

[18] Dû à la révocation de l’édit de Nantes en 1685. Eliot et Rose, op.cit., p. 249. D’ailleurs, un des réfugiés était le célèbre graveur Bernard Picart, qui fut le professeur du graveur de notre édition, Jacob Van der Schley. Cela sert aussi d’argument de vente pour De Hondt, puisqu’il prend la peine de l’écrire sur la page titre (voir Annexe B).

[19] Barbier, op.cit., p. 165.

[20] Martin et Chartier, op.cit., p. 317.

[21] Il est à noter que la publication de cette édition s’étend sur 15 ans, du vivant de Pierre de Hondt, et 33 ans avec ses successeurs pour un total de 25 tomes. Donc, ces arguments sont répétés.

[22] D’où la publication du tome 18 avant celle du tome 17.

[23] Martin et Chartier, op.cit., p. 29.

[24] Il utilisera aussi un système de souscription, inventé au XVIIe siècle par les Anglais, pour s’assurer des ventes avant la publication. Ibid., p. 31.

[25] Ibid.

[26] Nous traitons  de « l’édition de l’abbé Prévost », car c’est véritablement lui qui incarne l’édition de Paris alors que l’éditeur, Didot, semble invisible dans les débats.

[27] Voir l’Annexe E.

[28] D’ailleurs, pour le premier tome que fait l’abbé Prévost en tant qu’auteur, De Hondt va chercher John Green pour faire des corrections et des commentaires dans son édition de ce tome afin de toujours garder l’avantage intellectuel.

[29] Jean Ellis, « Catalogue de Livres », Essai sur l’histoire des Corallines, La Haye, éd. Pierre de Hondt, 1756.