Par
Stéphanie Favreau
Université du Québec à Montréal

 

 

Entre 1528 et 1534, de nombreux changements sont visibles à Lyon dans la production imprimée et la culture humaniste. C’est précisément la présence de l’imprimeur-libraire Sébastien Gryphe qui change la donne. Pendant les vingt-huit années de son activité, soit de 1528 à sa mort en 1556, sa presse est la plus productive en France, et peut-être en Europe, avant celle de Christophe Plantin[1]. Il est le grand initiateur de la typographie et de la mise en page postincunable dans la cité rhodanienne. Son personnage est donc non négligeable pour qui cherche à bien comprendre le monde du livre lyonnais, mais aussi européen, du XVIe siècle.

 

     Malgré la grande renommée de Gryphe, ses ouvrages ont été peu étudiés. En effet, selon l’historien Gérard Morrise[2], après l’étude d’Henri Baudrier dans le huitième tome de sa Bibliographie lyonnaise[3], et si l’on excepte l’article de 1902 de Richard Copley[4], il faut attendre le milieu du XXe siècle pour avoir des travaux exclusivement consacrés à cet imprimeur et ensuite les années 1990 pour voir les recherches s’intensifier. Certes, les éditions de Gryphe ont fait l’objet dans le passé d’inventaires et de bibliographies plus ou moins exhaustives. Il existe même de son vivant des catalogues et des répertoires bibliographiques qui comprennent des titres qu’il a imprimés, dont celui de Conrad Gesner. Mais, en dépit de ces anciens recensements et des inventaires des titres, de la monumentale et très respectable bibliographie d’Henri Baudrier et des premières études sur Gryphe publiées au XXe siècle, rares sont les travaux qui depuis se sont consacrés à ouvrir ses livres pour en analyser les différents éléments et comprendre réellement les intentions et les ambitions de cet imprimeur.

 

Par conséquent, nous avons scruté dans leur matérialité 37 éditions sorties des presses de Gryphe entre 1530 et 1551 conservées à Montréal dans les collections de l’Université McGill, de l’Université de Montréal, de l’Université du Québec à Montréal et de la BAnQ. Ces années figurent non seulement parmi celles de forte production de l’imprimeur, mais elles représentent également une période charnière dans l’histoire du livre imprimé. Nous avons voulu comprendre et évaluer la contribution de Gryphe dans la construction et l’identité du livre moderne à Lyon. Plus précisément, nous nous sommes demandé dans quelles mesures ses impressions représentent une modernisation du livre imprimé. Par ailleurs, le choix d’un corpus entièrement montréalais a été motivé par le désir d’apporter une meilleure visibilité aux riches collections de livres anciens que conservent certaines institutions montréalaises.

 

Notre démonstration se fait à deux niveaux : d’abord par une étude des thématiques des ouvrages et de leurs auteurs, ensuite par une analyse physique des éditions. Nous avons ainsi étudié les formats, les caractères typographiques, ainsi que leurs usages, mais aussi l’engouement et l’intérêt personnel que Gryphe a porté à certains textes ou auteurs qui ont eu une influence sur sa production et sur le résultat final de ses impressions. L’analyse et la mise en relation de tous ces éléments permettent d’établir les buts et les visées recherchés par Gryphe lorsqu’il composait ses impressions. Il en résulte également une compréhension beaucoup plus fine de son projet humaniste et de sa politique commerciale. Ainsi, les choix typographiques de Gryphe, l’usage de petits formats (in-8 et in-16), sa spécialisation dans l’édition d’auteurs classiques latins, très recherché à l’époque, sont déterminants dans l’élaboration du livre moderne, qui graduellement s’est détaché du modèle du manuscrit, et surtout sont susceptibles de rencontrer les attentes d’une clientèle savante et humaniste. Mais avant, il convient d’abord de nous pencher brièvement sur l’homme qu’est Sébastien Gryphe et de faire un bref récit de sa carrière.

 

 

1. Sébastien Gryphe imprimeur

 

Très peu de choses sont connues de la vie de Sébastien Gryphe. Originaire de Reutlingen dans le sud de l’Allemagne, il voit le jour vers 1492 et meurt à Lyon en 1556. Fils de l’imprimeur wurtembourgeois Michael Grief, Sébastien a également un frère, François, qui exerce le métier d’imprimeur à Paris, au même moment où il est à Lyon; il est aussi apparenté à Jean Gryphe, imprimeur à Venise, son neveu ou cousin[5]. Cette famille très féconde donc en imprimeurs offre à Sébastien le cadre de sa formation : il y apprend les rudiments du métier. Il semble par la suite qu’il se perfectionne dans d’autres ateliers en Allemagne et, peut-être, à Venise. Baudrier établit l’arrivée de Gryphe à Lyon à la fin de 1522 ou au début de 1523[6], ville qui est déjà très active dans le domaine de l’imprimerie. Il travaille pendant plusieurs années pour la Compagnie des Libraires qui lui fournit un riche matériel typographique gothique avec lequel il imprime de volumineux ouvrages de droits civils et de droits canoniques.

 

À partir de 1528, Gryphe acquiert ses premières fontes romaine et italique et commence à imprimer en son propre nom. Il devient imprimeur-éditeur indépendant et s’installe à l’enseigne de l’Écu du Griffon. Sa production s’oriente vers un style particulier en prenant pour modèle le livre bâlois et érasmien[7]. Il se voue à l’édition de classiques latins en suivant le modèle de l’imprimeur vénitien Alde Manuce ainsi qu’à la publication des grands humanistes de son temps. Ce faisant, il devient l’imprimeur le plus productif à Lyon[8]. En effet, nous savons qu’il a imprimé durant sa carrière entre 1200 et 1500 éditions. Le chiffre exact est difficile à établir puisque l’imprimeur avait l’habitude de remettre en vente ses éditions en les datant à nouveau.

 

Son atelier se transforme rapidement en un haut lieu de rencontre et d’échange pour les humanistes et devient le plus important de Lyon non seulement pour la production de livres, mais aussi pour la formation d’imprimeurs de talent. En effet, plusieurs grands imprimeurs lyonnais, comme Jean de Tournes et Étienne Dolet, font leur apprentissage chez lui. Tout au long de sa carrière, Gryphe est reconnu comme un véritable érudit dont les savoirs et les compétences jouissent auprès de ses amis et de ses collaborateurs des plus grands honneurs. Sa personnalité en a impressionné plus d’un et les éloges à son égard sont nombreux[9]. Baudrier en retranscrit les plus importants, dont ceux d’André Alciat, d’Étienne Dolet, de Barthélemy Aneau, de Jules-César Scaliger et de Conrad Gesner. Ces préfaces ou épîtres font état, selon Gérard Morisse, de sa science universelle, de son amitié sans faille et sincère, de sa rare bienveillance, de sa droiture ou encore de son habilité, de son sentiment du devoir, de sa capacité à comprendre non seulement le latin et le grec, mais également l’hébreu[10].

 

D’après Gérard Morisse, « le projet éditorial de Gryphe, quelque peu hors du commun, tourne autour de trois grands thèmes : la Bible et la foi chrétienne, les langues anciennes ayant permis la transmission des textes sacrés, et Érasme »[11]. Bien que ces thèmes soient représentatifs de sa production, il ne faut surtout pas s’arrêter là. Outre Érasme, Gryphe imprime d’autres grands humanismes de son temps tels Mélanchthon et Guillaume Budé. Il édite aussi plusieurs ouvrages sur la Rome antique, la science, la médecine, l’agriculture, ainsi que des œuvres de poésie. Par sa volonté de renouer avec l’Antiquité, son programme a pour ambition de servir les besoins de perfectionnement humain dictés par l’humanisme en n’écartant aucune connaissance et aucun texte savant, peu importe sa nature. Gryphe apparaît comme un véritable humaniste sachant manier les langues anciennes avec aisance, ayant le souci de produire des éditions de qualité et le désir de rétablir les textes classiques dans leur pureté.

 

     Dès le début de sa carrière, pour développer son répertoire humaniste, il jette son dévolu sur des œuvres de philologues et d’historiens, mais aussi sur des publications très chrétiennes dans lesquelles il fait valoir son érudition polyglotte. Il cherche par le fait même à attirer une clientèle étudiante en s’adressant directement à eux dans certaines préfaces et en leur proposant des formats plus petits, donc plus abordables. En effet, selon Richard Cooper, « nous trouvons souvent deux éditions différentes d’un même ouvrage sorties de ses presses, in-quarto ou in-octavo pour le marché érudit, et in-seize pour les étudiants, les deux accompagnées de lettres-préfaces différentes »[12]. Il faut cependant voir là quelques stratégies commerciales, puisque pour faire vivre un atelier typographique, il faut vendre, et si l’on parle toujours de l’érudition et de la grande qualité matérielle de ses éditions, cela ne doit pas cacher son appartenance au monde commercial. Selon Henri Jean Martin, Gryphe est même un homme d’affaires hors pair[13].

 

2. Les éditons de Gryphe à Montréal

 

Les éditions que nous avons étudiées ont été imprimées entre 1530 et 1551. Cet échantillon permet une observation sur une période de 21 ans, décisive non seulement dans l’histoire du livre imprimé, mais aussi dans la production de Gryphe. En effet, à partir des années 1530, le livre imprimé connaît des mutations importantes et délaisse graduellement le modèle du manuscrit. De toute évidence, les premiers imprimeurs ont d’abord reproduit le modèle du livre qu’ils connaissaient. Il faut voir que ce n’est que progressivement que les nécessités de la nouvelle technique ont amené les imprimeurs à s’écarter de leur modèle initial et à donner au livre une présentation qui, dans ses grandes lignes, est demeurée celle que nous lui connaissons aujourd’hui. C’est la « révolution typographique » avec l’utilisation des caractères de style aldin, achevée vers 1530, qui impose véritablement le divorce entre les incunables et le livre imprimé moderne. L’apparence du livre se modifie dès lors et en premier lieu la typographie. En effet, les caractères romains triomphent sur le gothique et ouvrent la voie à l’italique; avec eux s’impose une nouvelle façon de lire. Cette période est également décisive pour Sébastien Gryphe, puisqu’elle représente ses années de grande activité. Il exerce son métier jusqu'à sa mort, donc jusqu’en 1556, mais sa production diminue après 1551; c’est la dernière année où il atteint les cinquante titres[14].

Sur les 37 éditions, toutes imprimées en latin, on distingue sept livres d’auteurs grecs anciens, dix d’auteurs latins anciens, un d’un auteur du XIVe siècle, dix-huit d’auteurs modernes ainsi qu’une édition sans nom des Livres sapientiaux.Parallèlement à cette division, nous avons réparti les ouvrages en sept catégories selon leur sujet. Nous avons sept ouvrages sur la Rome antique (ce qui comprend des ouvrages d’histoire, de géographie et d’économie), onze ouvrages de science (qui incluent à la fois des traités sur la médecine, la santé, l’histoire naturelle, l’agriculture et l’interprétation des rêves), six ouvrages religieux (ce qui comprend les éditions des textes sacrés, les commentaires et les traductions), six ouvrages de philosophie (qui regroupent à la fois les œuvres des Anciens, mais aussi ceux des contemporains), quatre ouvrages de littérature (poésie et littérature classique), deux ouvrages de grammaire et un ouvrage de correspondance. La figure suivante donne un meilleur aperçu de la répartition des éditions :

 

Figure A.  Répartition des ouvrages de Gryphe par sujet

 

 

Ce corpus se caractérise par un grand nombre d’ouvrages profanes et une grande variété de thèmes. La catégorie « science » est la plus volumineuse. Sur les onze ouvrages, la moitié se rapporte à un aspect de la médecine et les trois quarts sont d’auteurs ou de textes anciens. Une grande place est accordée aux textes d’Hippocrate et de Galien ainsi qu’au renouveau de l’anatomie qui a lieu à la fin du XVe siècle. La catégorie « Rome antique » est la deuxième plus importante en nombre avec ses sept ouvrages et une édition que nous avons classée dans « littérature » à cause de son style. Si l’on regroupe ces huit ouvrages ensemble, cinq sont des textes d’auteurs anciens et ils se rapportent tous à l’histoire de Rome. Quant à la portion des ouvrages religieux, cinq sur six sont des éditions des textes sacrés, qu’ils soient traduits ou commentés, et la moitié est le fruit d’un travail exégétique. Concernant les six ouvrages de philosophie, deux sont des textes de Cicéron et un troisième se rapporte à l’un de ses traités. Il faut comprendre que Gryphe est un cicéronien convaincu et qu’il considère, selon Claude La Charité, « que l’orateur romain constitue un modèle unique, achevé et indépassable de belle latinité […] »[15]. Parmi les auteurs modernes, on note la présence d’Érasme dans trois des sept catégories. Ce qui confirme sa forte influence sur la production de Gryphe, mais c’est là un fait avéré. On constate aussi la présence de plusieurs auteurs italiens. En fait, le tiers des auteurs contemporains sont Italiens : Pagnini, Sadolet, Marliani, Vida, Brassavola et Cardano. Enfin, les auteurs réformés, controversés et tous ceux qui se situent à la croisée des différents courants religieux occupent une place importante dans la production de Gryphe. En effet, l’imprimeur était très proche des milieux réformés et il s’est lié d’amitié avec des luthériens, des évangéliques, des érasmiens et des hérétiques.

 

Ces éléments nous confirment la présence chez l’imprimeur à la fois d’un esprit éclectique et d’une grande ambiguïté religieuse. Par ailleurs, ces textes sont très caractéristiques de son projet éditorial; on y retrouve des succès de librairie, comme l’Iliade d’Homère, des publications plus audacieuses, comme le Testamentum Novumd’Érasme, ainsi que des œuvres plus modestes, comme le De re rusticade Columelle, un traité latin sur l’agriculture. L’étude des thématiques de ces livres permet de mieux saisir l’aspect intellectuel de sa production ainsi que l’essence de son projet humaniste, qui se traduit par la diffusion de la pensée de l’Antiquité, inhérente au développement de l’humanisme, en n’écartant aucune connaissance et aucun texte savant. Gryphe ne laisse rien aller au hasard. Déjà transparaît l’aspect moderne de sa production. Passons maintenant aux éléments éditoriaux et typographiques qui caractérisent les éditions de Gryphe.

 

3. Éléments typographiques et formats

 

L’utilisation que Gryphe fait des caractères typographiques et de la mise en page donne à ses ouvrages une lisibilité et une clarté sans précédent. En observant et en interrogeant la façon dont il imprime ses livres, il est possible de comprendre dans quelle mesure ses impressions représentent une modernisation du livre imprimé à Lyon. Son atelier devient rapidement célèbre pour la qualité et la rigueur de ses impressions. Ses ouvrages ont maintes fois été applaudis par ses contemporains à cause de leur sobriété et du travail scrupuleux de correction, et comparativement aux imprimés lyonnais de la décennie 1520, comme ceux issus des presses de Jacques Moderne, Laurent Hilaire ou Antoine Blanchard, les éditions qui sortent de l’atelier de Gryphe sont beaucoup plus lisibles et présentent des pages plus aérées. Ses choix de mise en page et les procédés typographiques qu’il emploie sont en réaction directe à la saturation de caractères que connaît le livre durant les deux premières décennies du XVIe siècle. Par ailleurs, c’est à lui que reviennent à Lyon les premières impressions qu’on qualifie de post-incunables. On retrouve chez lui dès 1528 de véritables majuscules bâloises d’inspiration aldine[16], donc des caractères en provenance de Bâle, mais dont le style provient de l’atelier d’Alde Manuce à Venise à qui l’on doit l’invention de l’italique au tout début du XVIe siècle. Gryphe cherche à reproduire le style de l’imprimeur attitré d’Érasme, Johann Froben. En effet, très peu de polices de caractères peuvent concurrencer avec celle du livre bâlois à ce moment. Même à Paris, les caractères des imprimeurs, Collines et Estienne exceptés, ne dépassent guère la qualité moyenne et ils ne font l’envie de personne[17].

 

Il y a chez Gryphe, durant les années 1530-1551, deux périodes d’utilisation des casses[18] : une première de 1528 à 1543 et une seconde de 1543 à 1556. La première fait référence à la période d’utilisation des caractères bâlois de style aldin. Les travaux de Hendrick Vervliet[19] montrent que Gryphe n’utilise effectivement pas de fonte française avant 1542. Tous ses caractères proviennent de Bâle, fabriqués à Mayence, pour la plupart par le graveur Schöffer le Jeune. La seconde période fait référence à la période d’utilisation des caractères français du graveur parisien Robert Granjon, qui est l’un des plus grands concepteurs et fondeurs de caractères du milieu du XVIe siècle. Gryphe est non seulement le premier à utiliser des fontes de style aldin, mais il le fait deux ans et demi avant ce qu’on a appelé « la révolution aldine » à Paris initiée par Robert Étienne à la toute fin de 1530. Les deux types de caractères d’imprimerie qui prédominent dans ses impressions et dans notre corpus sont l’italique et le romain, l’italique étant majoritaire.

 

Entre 1500 et 1528, l’italique reste minoritaire à Lyon par rapport au gothique. En fait, on le retrouve dès 1502, mais il s’agit d’imitations utilisées pour contrefaire les éditions aldines. Même au milieu du XVIe siècle, l’italique ne va pas encore de soi chez plusieurs imprimeurs lyonnais. Gryphe l’utilise à partir de 1528 et c’est cette utilisation abondante et constante de ce caractère tout au long de sa carrière qui le distingue des autres imprimeurs lyonnais de son époque. Dans les ouvrages analysés, c’est ce caractère qui est prédominant. Sur un total de 37, nous avons 27 ouvrages imprimés en italique, ce qui est considérable. Parmi eux, 21 sont de format in-8° et les autres de format in-16°. En fait, tous les formats in-16° de notre échantillon, sauf un, sont en caractères italiques. Si l’on relève dans les ouvrages imprimés en italique la part des textes modernes et la part des textes classiques, cela ne révèle rien de particulier en soi. Par contre, lorsque nous examinons dans la part des textes classiques la proportion imprimée en italique, nous remarquons que celle-ci est toujours très élevée. Sur les 17 textes d’auteurs anciens que nous avons, 15 sont imprimés en italique. Il y a donc un intérêt marqué chez Gryphe pour la publication d’auteurs classiques en italique et cette tendance est perceptible dans l’ensemble de sa production.

 

De plus, Gryphe fait un usage très intéressant de l’italique. Il l’envisage et l’utilise tout au long de sa carrière davantage comme un caractère textuel à part entière que comme auxiliaire du romain, ce qu’il deviendra plus tard. En effet, l’italique est définitivement relégué à un statut secondaire au milieu du XVIe siècle[20]. Chez Gryphe, au contraire, les rôles attribués au romain et à l’italique sont inversés. Bien que l’on retrouve parfois dans ses ouvrages une alternance entre ces deux caractères pour des questions d’esthétisme et de clarté, il imprime toujours en 1551 des textes entiers en italique. Dans les ouvrages où le corps du texte est entièrement en italique, le romain n’est utilisé que pour les titres et pour mettre en valeur les premiers mots de chaque chapitre.

 

Quant au romain, il est très tôt utilisé comme caractère d’imprimerie. À la différence de l’italique qui atteint un nouveau statut vers le début des années 1530, dû principalement à Gryphe, le romain est utilisé dès 1467. Il est le premier à s’être progressivement imposé face au gothique et a ainsi contribué au développement de l’humanisme. Beaucoup plus facile à lire, on comprend pourquoi il se répand rapidement. Si le romain s’impose au départ comme caractères d’impression pour les classiques, il semble que son usage ait évolué vers l’impression d’œuvres plus contemporaines, laissant à l’italique le soin de mettre en valeur les textes anciens. Gryphe a davantage utilisé les caractères romains pour l’impression de textes d’auteurs contemporains. Seule exception, Érasme, qu’il a imprimé à plusieurs reprises en italique pour rester fidèle au style de Froben. Sur les dix ouvrages en caractères romains, ou dont le caractère dominant est le romain, six sont d’auteurs modernes, deux sont d’auteurs anciens, auxquels on ajoute la Concordance du XIVe siècle et l’édition des Livres Sapientaux.

 

D’ailleurs, il faut savoir que Gryphe possède un grand nombre de fontes romaines. En effet, si les caractères italiques sont seulement utilisés pour le corps du texte, ce qui diminue du coup le besoin de recourir à plusieurs fontes, les caractères romains sont quant à eux employés pour les titres et pour le texte. Gryphe a donc, pour le titrage, des majuscules romaines de plusieurs grandeurs et, pour le texte, différentes fontes minuscules romaines. Ces majuscules romaines sont les premiers caractères bâlois que l’on aperçoit à Lyon et chez Gryphe, mais aussi en France, puisqu’il a été le premier à en faire l’acquisition.

 

Le choix du format du livre n’est pas non plus une décision arbitraire. Il s’agit en fait d’un véritable choix éditorial et commercial et une indication de l’usage prévu d’un l’ouvrage. L’utilisation d’un in-8° ou d’un in-4° lors de l’impression d’une édition a toute son importance. Chez Gryphe, on remarque une tendance : ses ouvrages deviennent de plus en plus petits au fil du temps. Cette préférence pour les formats réduits est le reflet de changements qui s’opèrent au début du XVIe siècle. En effet, Alde Manuce utilise dès 1501 le format de poche pour l’impression des auteurs classiques. Si les formats in-4° et in-8° sont généralement destinés aux ouvrages de piété utilisés quotidiennement, il n’en va plus de même après cette date. Ainsi, ces formats sont adaptés à d’autres types de livres parce que les pratiques de lecture évoluent au même moment; le livre savant n’est plus seulement destiné au pupitre d’étude[21]. Cependant, il faut plusieurs années encore avant que les classiques latins s’imposent véritablement dans ces formats et que ces derniers deviennent les mieux adaptés aux écrits des humanistes.

 

Gryphe s’inscrit dans ce courant et propose, comme Alde Manuce, des auteurs classiques latins en format de poche, ce qui deviendra caractéristique de ses éditions. En effet, selon Hélène Lanier, « après avoir pris son indépendance par rapport à la Compagnie des libraires, en 1528, il abandonne presque totalement les grands in-2° du début de sa carrière pour des formats réduits, in-4° mais surtout in-8°, puis in-16°»[22]. Il n’est donc pas rare de rencontrer dans sa production, à partir du milieu des années 1540, desin-16° qui sont de véritables bijoux typographiques. Dans notre corpus, on retrouve six éditions in-4°, vingt-quatre éditions in-8° et sept éditions in-16°.

 

Les formats in-8° sont donc en écrasante majorité et ils le sont aussi dans la production globale de Gryphe tout au long de sa carrière. Sur les vingt-quatre éditions, dix sont des textes d’auteurs anciens et quatorze sont des textes d’auteurs modernes. Gryphe n’imprime donc pas que des auteurs antiques en format in-8°. Bien que ce format était d’abord destiné aux livres de piété quotidienne, comme les livres d’heures, son usage tend à changer quand les humanistes décident de rendre plus accessible la littérature classique, mais aussi leurs propres textes; la commodité avérée des petits formats s’est véritablement imposée. Ainsi, en privilégiant ce format dès le début de sa carrière, Gryphe contribue à faire du livre humaniste et savant un objet plus accessible, mais aussi plus rentable.

 

            Quant au format in-16°, il est quasi nul dans la production globale de Gryphe avant 1542. Pour notre part, nous n’en avons aucun avant 1543. Il l’a davantage utilisé pour la réimpression des classiques latins les plus connus imprimés en format in-8o. À l’exception d’Érasme et d’une bible, tous les auteurs concernés dans notre corpus sont des auteurs latins. L’édition in-16° tend donc progressivement à remplacer l’édition in-8o dès 1545. On peut ainsi avancer que Gryphe mise sur le fait que les petits formats sont particulièrement commercialisables afin de proposer des formats encore plus petits, plus pratiques pour les lecteurs qui tendent à se déplacer[23].

                       

Les six éditions en format in-4° ont été imprimées en 1533, 1537, 1538, 1539, 1540 et 1544. Il y a donc un seul ouvrage in-4o imprimé après 1540 : il s’agit d’une édition commentée des Épîtres de Saint Paul par Claude Guilliaud. Ce format a plutôt été utilisé entre 1535 et 1545 et nous savons peu de choses sur son usage, aussi peut-on supposer que la production dans ce format est le résultat de commandes particulières[24]. Étant donné que le format in-4° n’est pas beaucoup utilisé par Gryphe, autant dans sa production globale que dans notre corpus, et que les sujets liés à ce format sont divers, il est plutôt difficile de tirer des conclusions sur son usage. Un fait intéressant a cependant été noté : les six ouvrages en format in-4° sont tous imprimés en caractères romains. Avoir imprimé des ouvrages de ce format en italique n’aurait probablement pas donné un style esthétiquement intéressant. On voit donc très bien que le désir de Gryphe de s’inscrire dans un contexte humaniste lui fait faire des choix éditoriaux qui sont plus axés sur la lecture individuelle, donc sur un format qui est mieux adapté au transport et aussi moins cher, dont le in-8° et le in-16o.

 

Il y a donc une nette évolution dans les formats utilisés par Gryphe entre 1530 et 1551. L’utilisation du format in-8° et de l’in-16° est essentiellement liée à des intérêts financiers, puisque le coût est diminué par rapport à un grand format, mais il y a aussi un intérêt lié au rayonnement de l’humanisme, puisque les petits formats ont rapidement été appréciés des humanistes étant plus faciles à manipuler et à transporter.

 

*****

 

En conclusion, les imprimés de Gryphe se caractérisent par une grande variété de sujets très représentatifs de son projet humaniste et par des éléments éditoriaux et typographiques innovateurs. Il semble que ses choix aient été dictés non seulement par une logique commerciale, en proposant des formats de livre adaptés à ses différents publics et des ouvrages qui, par leur sobriété et leur esthétisme, attirent le regard et garantissent la valeur, mais aussi par une ouverture d’esprit et une grande culture humaniste largement influencée par les Anciens, Érasme, les auteurs italiens et les auteurs réformés.Gryphe participe pleinement à cette révolution typographique en donnant à l’italique son nouveau statut. Son utilisation abondante et constante de ce caractère le distingue des autres imprimeurs lyonnais. Il respecte également la tradition des textes classiques tout en les rendant beaucoup plus commodes à lire.Nous pouvons admettre que l’imprimeur s’est définitivement démarqué parmi les imprimeurs lyonnais et qu’il participe activement au processus de modernisation que le livre imprimé connaît à partir de la décennie 1530. Gryphe a établi sa réputation en innovant et il l’a maintenue tout au long de sa carrière en étant à la fois un artisan, un savant et un commerçant.

 

 

 

Annexe I – Sources

 

 

                Université du Québec à Montréal – Livres rares

 

 

ALEXANDRIE, Appien d’, De ciuilibus romanorum bellis historiarum libri quinque. Eiusdem libri sex Illyricus, Celticus, Libycus, Syrius, Parthicus & Mithridaticus., Lugduni S. Gryphium, 1551, 653 p. [YPA211]

 

ÉRASMUS, Desiderius, Apophthegmatum opus cum primis frugiserum, iugilanter ab ipso recognitum auctore, e graeco codice correctis aliquot locis, in quibus interpres diogenis laerctii sisellerat., Lugduni S. Gryphium, 1539. 609 p.[YPA135]

 

SILIUS ITALICUS, Poetae clarissimi De bello punico libri septemdecim., Lugduni S. Gryphium, 1551, 430 p. [YPA201]

 

TITE-LIVE, Titi Livii Patavini Latinae historiae principis Decas prima., Lyon, Apvd Seb Gryphium Lugduni, 1548, 871 p.[PA6452 A2.1548]

 

                TITE-LIVE, Latinae historiae principis., Lugduni S. Gryphium, 1542. [YPA163 V1]

 

 

Université de Montréal – Livres rares

 

 

GUILLIAUD, Claude, In omnes Divi Pauli apostoli epistolas collatio ; Iuxta eruditorum sententiam facta, Lugduni, Apud Seb Gryphium, 1544.[BS 2649 G85 1544]

 

SADOLETO, Jacopo, Epistolarum libri sexdecimi einsdem ad Paulum Sadoletum Epistolarum liber unus, Lugduni, apud Seb Gryphium, 1550, 1134 p.[856.39 S124e]

 

EPHÈSE, Arthémidore D’, Artemidori Daldiani Philosophi excellentissimi De Somniorum interpretatione libri quinque, Lugduni, Apud Seb. Gryphium, 1546, 296 p. [CHAGNON 0001]

 

CELSUS, Aulus Cornelius, De re medica libri octo, Lugduni, Apud Seb. Gryphium, 1542, 476 p.[R 127 C55 1542]

 

ÉRASMUS, Desiderius, Lingua / per Des. Erasmum Roterodamum ; cui accessit Plutarchi Chaero nei De immodica verecundia libellus,, Lugduni, apud seb Gryphium, 1538.[REYHERME 5005]

 

 

BAnQ – Centres de conservation Rosemont

 

 

CÉSARJules, C. Julii Caesaris commentarii, quae in hac habeantur editione, sequens pagella docebit., 1536, 524 p.[878.1/C22g RES]

 

SADOLETO, Jacopo, Iacobi Sadoleti De laudibus philosophiae libri duo, 1538, 222 p. [RES/DE/13]

 

THÉODORET, évèque de Cyr, Divi Theodoreti episcopi Cyrensis, explanationes in duodecim prophetas, quos minores vocant, juxtra interpretationem Septuaginta / Petro Gillio Albiensi, interprete, 1533, 388 p. [RES/BF/489]

 

Bible. Ancien Testament Livres sapientaux. Latin. 1543, Proverbia Salomonis : Ecclesiastes. Cantica canticorum. Liber sapientiae. Ecclesiasticus, 1543, 278 p. [RES/BG/31]

 

 

                McGill – McLennan Library, Rare Book and Special Collection

 

 

AELIAN, Ex Aeliani Historia per Petrum Gyllium Latini facti, itmemque ex Porphyrio, Heliodoro, Oppiano, tum eodem Gyllio luculentis accessionibus aucti libri XVI ; De ui & natura animalium ; eiusdem Gyllu liber unus, De Gallicis & Latinis nominubus piscium. --, Lugduni, Apud Seb. Gryphium, 1533, 598 p.[QL41 A457 1533]

 

AUSONIUS, Decimus Magnus Decii Ausonii Burdigalensis uiri consularis opuscula varia, Lyon, Apud Seb. Gryphium Lugduni, 1548, 235 p.[PA6221 A25 1548]

 

SEGOVIA, Juan de et GRYPHIUS, Sebastianus (éd.), Concordantiae maiores Sacrae Bibliae: summis uigilijs iam denuo ultra omnes editiones castigatae, Lugduni, Apud Seb. Gryphium, 1540, n.p.[BS423 C63 1540]

 

CICERO, Marcus Tullius, Philosophicorum Cicero: In Quo De Natura Deorum libri III., De Divinatione libri II., De Fato liber I., Somnium Scipionis, quod e sex libris de Repub. Superest., De Legibus libri III. De Universitate liber I., Q. Ciceronis de Petitione Consulatus liber I., Phaenomena Arati, a M. Tullio adolescente in Latinum conuersa, Lyon, Lugduni, Apud Seb. Gryphium, 1540, 412 p. [PA6278 A2 1540]

 

CICERO, Marcus Tullius, Orationum M.T. Ciceronis, Lyon, Apud Seb. Gryphium, Lugduni, 1547, 372 p. [PA6279 A2 G7 1547 v.2]

 

ÉRASMUS, Desiderius, GRYPHIUS Sebastianus et BIELER Charles (éd.), Testamentum Nouum, ex Des. Erasmi Rot. uersione, ac recognitione postrema, Lugduni, Apud Seb. Gryphium, 1547, 763 p. [BS1990 1547]

HIPPOCRATES, Hippocratis Liber de somniis : cvm Ivlii Caesaris Scaligeri commentariis. -, Lugduni, Apud Seb. Gryphium, 1539, 96 p. [R126 H56]

HOMÈRE, Homeri, poetarum omnium principis, Ilias, Lugduni, Apud Seb. Gryphium, 1541, 445 p. [PA4024 A3 1541]

 

PAGNINI, Sante et GRYPHIUS Sebastianus (éd.), Psalterium sextuplex: Hebraeum, cum tribus Latinis, uidelicet, Diui Hieronymi, R.P. Sanctis Pagnini, & Felicis Pratensis: Graecum, Septuaginta interpretum, cum Latina uulgata, Lyon, Seb[astianus] Gryphius excudebat Lugduni, 1530, 720 p.

VIDA, Marco Girolamo, Marci Hieronymi Vidae Cremonensis Albae episcopi Opera [...], Lyon, Lugduni, apud Seb. Gryphium, 1541, 359 p. [PA8585 V6 1541]

 

 

                McGill -  Osler Library

 

 

APICIUS, De re culinaria libri decem: B. Platinae Cremonensis De tuenda valetudine, natura rerum, & popinae scientia libri X, Luguduni (sic), apud Seb. Gryphium, 1541, 314 p.[A642r 1541]

 

BRASAVOLA,A. M., Quod nemini mors placeat. --, Lugduni, apud Seb. Gryphium, 1543, 85 p.[B823q 1543]

 

CARDANO, Girolamo, Hieronymi Cardani, medici Mediolanensis, Liber de immortalitate animorum. --, Lugduni, Apud Seb. Gryphium, 1545, 308 p.[C266L 1545]

CHAMPIER, Symphorien, Cribratio medicamentorum fere omnium : in sex digesta libros ... His accesserunt Quaestio aurea de exhibitione medicinarum venenosarum. De mistorum generatione, de concretis, & abstractis, Lugduni, Apud Seb. Gryphium, 1534, 197 p. [C138 1534-1544]

 

GUENTHER, Johann et THEOPHILOS,Protospatharios, Anatomicarum institutionum, ex Galeni sententia, libri IIII, Lugduni, Apud Seb. Gryphium, 1541, 224 p. [G964a 1541]

 

LINACRE, Thomas, Rudimenta grammatices Thomae Linacri ex Anglico sermone in Latinum versa, Lugduni, Apud Seb. Gryphium, 1544, 96 p. [L7352r 1544]

 

MARLIANI, Giovanni Bartolommeo, Topographia antiquae Romae, Lugduni, Apud Seb. Gryphium, 1534, 313 p.[M348t 1534]

 

 

McGill – Digital Library

 

 

BUDÉ,Guillaume, Gulielmi Budaei Parisiensis, consiliarii regii supplicumque libellorum in regia magistri De asse et partibus eius libri V., ab ipso autore nouissimè & recogniti & locupletati, Lugduni, Apud Seb. Gryphium, 1550, 815 p.

 

BUDÉ,Guillaume, Gulielmi Budaei Parisiensis, consiliarii regii, De asse et partibus eius libri V, Lugduni, Apud Seb. Gryphium, 1542, 819 p.

 

CASSIANUS, Bassus, Constantini Caesaris selectarum praeceptionum de agricultura libri viginti, Lugduni, Apud Seb. Gryphium, 1541, 349 p.

 

COLUMELLA,Lucius Junius Moderatus, De re rustica L. Iunii Moderati Columellæ libri XIII, Lugduni, Apud Seb. Gryphium, 1537, 530 p.

 

DOLET,Etienne, Stephani Doleti De re navali liber ad Lazarum Bayfium, Lugduni, Apud Seb. Gryphium, 1537, 189 p.

 

MELANCHTHON, Philipp, Moralis philosophiae epitome, Lugduni, Apud Seb. Gryphium, 1541, 132 p.

 

 

 


[1]William Kemp, « L’historien latin Tite-Live chez Sébastien Gryphe au début des années 1540 », dans Brenda Dunn-Lardeau et Johanne Biron, (dir.), Le livre médiéval et humaniste dans les collections de l’UQAM. Actes de la première Journée d'étude sur les livres anciens; suivis du Catalogue de l'exposition L'humanisme et les imprimeurs français au XVIe siècle, Montréal, Université du Québec à Montréal, Figura, Centre de recherche sur le texte et l'imaginaire, 2006, p. 94.

[2]Gérard Morrise, « Un document méconnu : Le Tumulus de Sébastien Gryphe (1561) », dans Revue française d’histoire du livre, n° 129 – Nouvelle série, 2008, p. 219.

[3]Henri Baudrier, Bibliographie lyonnaise : Recherches sur les imprimeurs, libraires, relieurs et fondeurs de lettres de Lyon au XVIe siècle, 12 vol., Lyon, L. Brun, 1895-1921.

[4]« Sebastianus Gryphius, printer », dans Historical essays first published in 1902 in commemoration of the jubilee of the Owens College, Manchester, University  Press, 1907; cité dans Gérard Morisse, op. cit., p. 219.

[5]Henri Baudrier, op. cit., p. 27.

[6]Ibid., p. 14.

 

[7]William Kemp, op. cit., p. 93.

[8] William Kemp, « De Laurent Hyllaire et Jacques Moderne à Sébastien Gryphe : Érasme à Lyon pendant les années 1520 », dans Raphaële Mouren (dir.), QUID NOVI? Sébastien Gryphe, à l'occasion du 450e anniversaire de sa mort, Actes de colloque, 23-25 novembre 2006, Lyon- Villeurbanne, Presse de l’ENSSIB, 2008, p. 175.

[9]Voir à ce sujet le huitième tome de la Bibliographie lyonnaise d’Henri Baudrier qui retranscrit plusieurs éloges adressés à Gryphe.

[10]Gérard Morrise, « Pour une approche de l’activité de Sébastien Gryphe, libraire-imprimeur lyonnais du XVIe siècle », Revue française d’histoire du livre, vol. 126-12, 2005, p. 17.

[11]Gérard Morrise, « Pour une approche de l’activité de Sébastien Gryphe », op. cit., p. 29.              

[12]Richard Cooper, « Gryphius préfacier », dans Raphaële Mouren, dir., QUID NOVI? op. cit., p. 230.

[13]Lucien Febvre et Henri-Jean Martin, L’Apparition du livre, Paris, Albin Michel, 1958, p. 248.

[14]Raphaëlle Bats et al., Étude de la production éditoriale de Sébastien Gryphe sur deux années caractéristiques : 1538 et 1550, Mémoire de recherche, Diplôme de Conservateur de Bibliothèques, Enssib, 2006, p. 31.

[15]Claude La Charité, « L’édition lyonnaise de 1539 des Apophtegmes dans l’ancienne bibliothèque du Collège Sainte-Marie et la fortune éditoriale de cette œuvre d’Érasme chez Sébastien Gryphe », dans Brenda Dunn-Lardeau (dir.), Ouvrages phares de la Réforme et de la Contre-Réforme dans les collections montréalaises, Québec, Presse de l’Université du Québec, 2014, p. 142.

[16]William Kemp, « L’édition illicite du jugement d’amour de Juan de Florès (1530) de Laurent Hyllaire et l’univers du livre à Lyon à la fin des années 1520 », Revue d’histoire française du livre, n° 118-121, p. 280.

[17]William Kemp, « L’influence d’Érasme sur la nouvelle typographie en France 1500-1500 », dansLa memoria de los libros, Salamanca, Institutio de Historia del Libro y de la lectura, 2004, p. 483.

[18]Raphaëlle Bats et al., op. cit., p. 40.

[19]Hendrick Vervliet, The Palaeotypography of the Renaissance: Selected Papers on Sixteenth-Century Typefaces. 2 vol., The Library of the Written World 6. The Handpress World 4, Leiden and Boston: Brill, 2008, 564 p.

 

[20]Harry Carter, A View of Early Typography Up to About 1600, reprinted with an introduction by James Mosley, London, Hyphen Press, 2002 (1èreéd. 1969),p. 125.

 

[21]Hélène Lannier, La publication des Libri de re rustica à la Renaissance. Étude d’une production, les Libri de re rustica chez Sébastien Gryphe, à Lyon, Mémoire de recherche, Université de Lyon, 2011, p. 109.

[22]Ibid., p. 108.

[23]Raphaëlle Bats et al., op. cit., p. 37.

[24]Ibid., p. 33.