Par
Valérie Poirier
1er cycle, Histoire, Université du Québec à Montréal

 

 

Alors que les pays du monde entier se réunissent fréquemment pour traiter de la question de l’environnement, il est possible d’affirmer que ce sujet est on ne peut plus d’actualité. Que ce soit pour les changements climatiques, les coupes forestières, la protection des espèces en voie d’extinction ou la gestion de l’eau, des campagnes se déploient régulièrement pour conscientiser la population et le gouvernement. Loin de prétendre faire un bilan des réalisations et des avancées contemporaines en matière d’environnement, il s’agit plutôt ici de constater que si ces préoccupations sont aujourd’hui au centre de l’actualité, c’est qu’elles sont le résultat d’une longue évolution, dont les années 1970 marquent un moment fort au Québec.

 

Effectivement, au tournant de cette décennie, face aux abus de la société de consommation et du système capitaliste encouragé par l’État et les entreprises, de nouveaux besoins en matière d’environnement se manifestent dans la province de Québec. Parmi plusieurs groupes écologistes, la Société pour Vaincre la Pollution, née en 1970 et communément appelée la SVP, se démarque par son désir de transformer la société et d’apporter de nouvelles alternatives à ces besoins. La SVP est donc une innovation sociale qui aspire à faire reconnaître le droit à un environnement sain. Il semble important de préciser que si les revendications revêtent une coloration clairement écologiste, elles sont également démocratiques. Effectivement, l’association tire ses origines des nouvelles aspirations démocratiques qui émergent elles aussi durant les années 1970. Si des politiques environnementales sont exigées des gouvernements, une démocratie plus participative, donnant plus de voix aux citoyens, et moins centralisée, pour de meilleures actions, l’est également. En fait, face aux dégâts de la société de consommation et de l’utilisation de l’environnement à des fins économiques, les écologistes réclament une réappropriation de la nature, possible notamment avec une réappropriation de la démocratie au sein d’une société civile trop centralisée. Concrètement, l’association vise donc à établir un discours indépendant tant de l’État que des industrielset qui favorise une prise de conscience quant à la dégradation de la nature et à la consommation.

 

Or, on peut se demander comment la SVP a œuvré pour parvenir à ses fins. Ainsi, la problématique développée dans cet article est la suivante : « Dans quelle mesure une association comme la SVP, fondée sur le pouvoir de la démocratie et ouverte à un large membership, permettait-elle une conscientisation populaire face aux problèmes environnementaux et, plus précisément, à une responsabilisation de chacun à l’égard d’un mode de vie associé à la société de consommation ? ». Puisque nos recherches se limitent à la décennie 1970, nos sources sont surtout issues des différentes publications de la SVP durant cette période. Elles comprennent donc les bulletins de la SVP destinés au public, ses bulletins mensuels de liaison, ainsi que le Journal L’Environnement publié dès 1974. Notre analyse débutera en abordant la question de la création de l’association et de son membership, puis celle de son organisation et de sa vie démocratique. Par la suite, nous étudierons les moyens plus concrets adoptés par la SVP pour atteindre ses objectifs, c’est-à-dire la diffusion de l’information, l’éducation auprès d’une clientèle jeunesse et la visibilité sur la scène publique.

 

Afin d’effectuer nos recherches, plusieurs références ont été indispensables. Tout d’abord, deux monographies ont été particulièrement utiles pour l’initiation aux origines du mouvement environnementaliste : Échec des écologistes? : bilan des décennies 70 et 80[1], de Luc Gagnon, ainsi que l’ouvrage de François Duban, L’écologisme aux États-Unis : histoire et aspects contemporains de l’environnementalisme américain[2].Alors que l’œuvre de Duban reste, pour les besoins de ce travail, une référence plus générale, celle de Gagnon se rapproche plus de notre objet d’étude, puisquel’auteur établit des spécificités du mouvement écologiste québécois. Par la suite, Jean-Guy Vaillancourt, par le volume et la qualité de ses écrits, a été grandement utile, puisque nos recherches entrent directement dans son champ d’études. Ses livres et ses articlesfont même régulièrement mention de la SVP, situant donc l’association par rapport à d’autres groupes écologistes. En posant un regard extrêmement critique sur les problèmes environnementaux, les deux livres de Michel Jurdant, Le défi écologiste[3] et Les insolences d’un écologiste[4], ont également été des références indispensables, puisqu’ils analysent les problèmes sous plusieurs angles : social, politique, économique et culturel.

 

La Société pour Vaincre la Pollution : environnement et démocratie

 

Comme nous l’avons déjà mentionné, la SVP fut créée en juin 1970, afin de répondre aux nouveaux besoins en matière d’environnement face à l’inertie de l’État et des entreprises et pour ainsi faire la «guerre à l’apathie des populations, guerre à la pire des cécités : celle de ceux qui ne veulent pas prendre leurs responsabilités »[5] . De manière générale, dans le Répertoire québécois des groupes écologistes de 1994, les objectifs de la SVP sont définis comme étant de « défendre le droit des citoyens à un environnement plus sain et de promouvoir la qualité et la protection de l’environnement »[6]. Plus précisément, dans le Répertoire environnemental,qui dresse une liste des groupes écologistes au Québec, les problèmes auxquels s’attaquent la SVP sont les suivants : l’énergie, les déchets toxiques, les précipitations acides, la pollution, la loi et l’environnement, la récupération et le recyclage, le transport, les espaces verts, le nucléaire et la santé[7]. Quant à son membership, il est difficile à déterminer de façon précise en raison des distinctions entre membres cotisants ou non. Toutefois, il est possible de dire que la SVP fait partie du maigre 15% des groupes écologistes qui comptent plus de 1000 membres[8]. Ce large membership permet entre autres à l’association d’obtenir davantage de ressources. Des ressources d’abord financières, rendant ainsi l’organisation autonome vis-à-vis l’État et donc maître de son propre discours et de ses activités, mais aussi des ressources humaines, permettant à la SVP de disposer d’un plus grand bassin de personnes prêtes à s’impliquer dans l’association. Bref, l’ouverture de la SVP à un large membership permet à celle-ci de déployer de plus grands moyens d’action, ainsi qu’une plus grande autonomie.

 

Par la suite, il importe de souligner la place centrale de la démocratie dans le processus associatif de la SVP. Effectivement, dans les années 1970, parallèlement au nouveau besoin social en matière d’environnement, un désir de rendre la démocratie beaucoup plus directe, participative et décentralisée se manifeste au Québec, par opposition à une démocratie de délégation et passive. Dans ce contexte, les personnes voulant œuvrer pour la cause environnementale se sont majoritairement exprimées par la formation de regroupements locaux, organisés sur le modèle de l’association. Ainsi, la formule de la démocratie associative permet non seulement à la SVP d’offrir une plus grande participation civique aux citoyens, mais elle permet également à l’association d’avoir un statut d’organisme libre et de pouvoir œuvrer indépendamment des influences de l’État et du système capitaliste.

 

De plus, le fonctionnement, l’organisation et les structures fondamentales de la SVP s’inscrivent dans une volonté de s’appuyer sur des principes démocratiques. Ainsi, dès les premières années de son existence, l’association indique régulièrement dans ses publications non seulement ses règlements internes, mais également le fonctionnement électoral de l’organisation et les résultats des élections au comité exécutif[9]. Cette association préconise donc l’autogestion et la démocratie directe afin de pouvoir tout décider par elle-même, et cela en se nourrissant d’un discours continuel entre la tête et la base du mouvement.

 

Afin de s’assurer que cette autogestion soit efficace, la SVP doit cependant faire preuve d’une organisation interne structurée. Or, si la SVP réussit à bien coordonner l’ensemble de son association, c’est grâce à la création de comités spéciaux. Elle crée donc rapidement plusieurs comités qui servent à mieux gérer les différentes fonctions de l’association. En plus du comité central dont le siège est à Montréal et qui a comme tâche de coordonner les différentes instances, il y a aussi un comité de relations publiques, un comité responsable des projets, un comité qui s’occupe de la publicité, un autre des affaires juridiques et un comité responsable des finances[10]. Parallèlement à ces comités, la SVP crée aussi des comités locaux, comme celui de Terrebonne[11] et de Lanaudière[12]. Cela lui permet d’étendre son rayon d’action en couvrant un plus large territoire, d’être plus près des populations des régions et d’être à l’écoute de leurs problèmes spécifiques. Elle veut de cette manière être accessible, afin que tous puissent avoir la même chance de joindre leurs efforts pour militer contre certains aspects de la pollution.

 

La place fondamentale qu’occupe la démocratie pour la SVP transparaît également dans ses revendications. En fait, si la SVP s’attaque aux problèmes environnementaux tels la pollution de l’air et de l’eau, les déchets, le nucléaire, etc., elle dénonce particulièrement la source du problème. Or, selon plusieurs écologistes, et plus particulièrement selon Michel Jurdant, les origines des problèmes environnementaux viennent de la société de consommation qui entraîne une illusion de bien-être à l’homme, permettant à celui-ci de se complaire passivement dans sa situation matérielle, alors qu’en fait, elle mène inexorablement vers les limites des ressources naturelles et la destruction de l’environnement[13]. Selon ce point de vue, l’origine des problèmes environnementaux viendrait donc du fait que les gens et surtout la nature seraient au service de l’économie, alors que ni l’État ni les entreprises ne s’en soucient vraiment. La SVP revendique donc une démocratisation de l’économie et une inversion de la situation de manière à placer l’économie au service de la nature et des gens, et non le contraire. Pour ce faire, l’association réclame une prise de conscience des consommateurs passifs et surtout du gouvernement, afin que celui-ci se préoccupe davantage de la santé de la population et de l’environnement, et qu’il prenne conscience des effets pervers de l’industrialisation et de la consommation.

 

Diffuser l’information

 

Bien qu’il soit maintenant démontré que le large membership et la formule de la démocratie associative permettent à leur façon une meilleure action de la SVP, il est tout aussi important de faire mention des nombreux moyens concrets que l’association déploie afin de permettre une conscientisation populaire face aux problèmes environnementaux. Parmi les plus importantes méthodes visant à atteindre directement la population, se trouve la diffusion de l’information et, en fait, c’est là le but essentiel et premier que se donne l’association[14].Dans cette optique, la SVP privilégie des soirées d’information et des causeries[15] et, à l’occasion, elle engage des conférenciers pour divers évènements[16]. De plus, dans la majorité des bulletins et des journaux de la SVP, sont publiés des faits, des chiffres et des phrases-chocs[17] sur l’environnement et les dégâts de la consommation, ainsi que des solutions simples et pratiques que tous peuvent appliquer pour faire leur part. De cette façon, la SVPessaie non seulement de provoquer une réaction afin que la population se conscientise et se responsabilise face à la consommation et à la préservation de l’environnement, mais elle fournit aussi les moyens pour le faire. Si au tout début de son existence la SVP emprunte l’information qu’elle publie à d’autres groupes, il est cependant crucial de mentionner que très tôt, elle ajoute àses publications traditionnelles des dossiers de quelques pages portant sur divers aspects de la pollution. Ceux-ci sont signés par les membres de la SVP, dont la formation scientifique assure une grande crédibilité à leurs propos, ou par des collaborateurs et des sympathisants de l’association. C’est ainsi que dans les bulletins de liaison, il est régulièrement possible de se renseigner sur différents types de problèmes environnementaux.

 

Si, grâce à un nombre limité de pages et à leur précision, ces dossiers sont accessibles à tous afin de promouvoir une meilleure conscience écologique, la SVP  déploie par contre de plus grands moyens en ce qui concerne ses principaux chevaux de bataille. Ainsi, encore une fois au terme de recherches scientifiques, la SVP publie de nombreux dossiers et rapports indépendamment de ses publications traditionnelles, qui, bien que parfois adressés au gouvernement sous forme d’études, sont aussi disponibles en vente libre, afin que tous les citoyens puissent se renseigner. Un peu à la manière des dossiers que l’on peut retrouver dans le journal LEnvironnement, les sujets sont les suivants : l’énergie, plus spécifiquement le nucléaire, le projet de la Baie James, le mercure, la pollution de l’air, les cigarettes, etc. Pour produire les données scientifiques sur lesquelles elle se base, la SVP reprend le concept des comités spéciaux, qui regroupent cette fois-ci de véritables équipes de spécialistes dans des domaines précis. La SVPcompte ainsi un nombre impressionnant de comités spécialisés, dont les comités Recyclage, Non-Fumeurs, Mercure, Environnement Urbain, Arrosage et Énergie-Environnement en constituent quelques exemples.

 

Il est à noter que ces comités, bien qu’ils doivent émettre des comptes rendus de leurs actions au comité central, sont libres de préparer les projets qu’ils désirent, d’organiser leurs propres activités et même de devenir membre de coalitions nationales ou internationales[18]. La création de tous ces comités permet donc au comité central de l’association de ne pas être surchargé, et surtout de constituer des équipes composées de véritables spécialistes chargées de renseigner la population sur des problèmes bien précis. L’association a ainsi choisi de se méfier des faits scientifiques déjà publiés, mais susceptibles d’être biaisés par le gouvernement ou les entreprises. Elle veut autonomiser son propre discours scientifique et cherche à démocratiser ce savoir scientifique pour qu’il soit accessible à tous, pour qu’il soit au service de la population et du bien public. C’est aussi une manière d’offrir à la population la possibilité de s’ouvrir à de nouvelles opinions, de s’éduquer par elle-même et de se libérer par rapport au laïus scientifique de l’État et de l’industrie. En plus de vouloir démocratiser l’économie, la SVP cherche donc aussi à démocratiser la science et l’information, les deux étant considérées comme des moyens de revendiquer le droit à un environnement sain et de provoquer une prise de conscience chez les Québécois.

 

Œuvrer auprès des jeunes

 

De façon assez complémentaire à la diffusion de l’information, la SVP fait également des efforts soutenus dans le domaine de l’éducation. Elle met particulièrement l’accent auprès des jeunes, notamment parce qu’ils représentent l’avenir, ainsi qu’une clientèle prête à se mobiliser. En plus d’offrir des cotisations avantageuses[19], la SVP encourage la responsabilisation de la jeunesse. Elle soutient les étudiants qui organisent des activités dans leur école et, tout au long de la décennie 1970, la SVP participe régulièrement à des conférences dans les polyvalentes, les cégeps et les universités. Elle le fait parfois à titre de panéliste, parfois pour des tournées d’information et même pour encourager la participation à des études scientifiques.

 

Une des actions les plus marquantes de l’association à l’égard des jeunes est certainement celle de soutenir leurs actions concrètes dans le domaine de la lutte contre la pollution. C’est ainsi que, dès l’année de sa fondation, la SVP a soutenu et coordonné un groupe d’étudiants devant faire une large opération de porte-à-porte à Montréal qui visait à sensibiliser les gens à la pollution et à ramasser des signatures afin de démontrer au Premier ministre québécois de l’époque, Robert Bourassa, l’importance de créer un ministère de l’environnement[20].Un autre fait significatif est qu’en plus de supporter les initiatives des jeunes, la SVP permet à de nombreux étudiants de participer à des stages ou d’occuper des emplois d’été au sein de l’association dans des domaines relatifs à l’environnement. Elle offre le plus souvent une rémunération de 1000$[21] pour trois mois de travail. C’est de cette façon que plusieurs étudiants sont engagés afin suivre les recherches de la SVP pendant l’été sur certains produits et appareils, ou dans le but d’effectuer eux-mêmes des études et sondages auprès de la population. La SVP est donc orientée vers l’éducation et la sensibilisation de la jeunesse, pour qui elle déploie de nombreux efforts pour assurer une relève de gens soucieux de se battre pour le droit à un environnement sain.

 

Occuper la scène publique

 

Un autre moyen concret adopté par la SVP est de s’assurer d’une visibilité constante sur la scène publique. Ainsi, dès ses débuts, l’association est présente à plusieurs salons, festivals et évènements, que ceux-ci soient directement liés à des revendications écologistes ou non. En fait, elle est surtout présente afin de rejoindre une grande masse de citoyens et de leur rappeler non seulement son existence, mais aussi l’importance de sa cause. Elle veut aussi être vue et entendue par un maximum de gens susceptibles de devenir des sympathisants. Cela lui permet notamment de faire connaître un peu plus le mouvement et de recruter de nouveaux membres[22]. De plus, en tant qu’un des principaux groupes écologiques montréalais[23], la SVP participe vers la fin de la décennie 1970 à plusieurs émissions radiophoniques[24]. Il semble donc possible de dire que la visibilité auprès de la population est certainement un moyen privilégié de la SVP pour bien démarrer la conscientisation des Québécois face à la pollution.

 

Bien que la SVP participe à des activités permettant de rejoindre directement la population et de faire ainsi connaître la cause environnementale, force est de constater qu’elle s’assure également d’une visibilité dans le milieu scientifique et parmi les autres associations écologistes. En fait, la SVP est active non seulement au Québec, mais aussi au niveau national et même international, puisqu’elle participe parfois à des colloques à l’étranger[25]. En s’impliquant ainsi dans plusieurs domaines, la SVP s’assure donc d’être bien informée sur les principaux dossiers environnementaux au Québec et au Canada, tout en concertant son action avec plusieurs autres groupes de manière à ce que leurs revendications pour des changements aient plus de poids.

 

En fait, s’il a grandement été question de conscientisation populaire face aux problèmes environnementaux jusqu’ici, très peu a été dit sur les revendications concrètes de la SVP, notamment à l’égard du gouvernement pour encourager celui-ci à adopter des politiques environnementales. Pourtant, celles-ci sont un des piliers fondateurs de l’association et c’est pour cette raison que la SVP s’engage à diffuser toutes ses revendications, afin que tous sachent pourquoi l’association existe. L’association met ainsi sur pied une série de moyens visant à obtenir une visibilité au niveau des grands dirigeants industriels et du gouvernement, tels que la circulation de plusieurs lettres, pétitions et même mémoires, afin d’encourager ces derniers à adopter des mesures environnementales et à créer un ministère à cet effet[26].

 

 

En définitive, force est de constater que la Société pour Vaincre la Pollution a vu le jour afin de répondre à un nouveau besoin social en matière d’environnement. En tant qu’instance de ce nouveau besoin social, elle revendique le droit à un environnement sain. Toutefois, c’est en se basant fondamentalement sur les nouvelles aspirations démocratiques qu’elle est en mesure de permettre une conscientisation populaire et individuelle face aux problèmes environnementaux et à la société de consommation. En adoptant le modèle de l’association, la SVP permet une démocratie plus directe, participative et décentralisée. Elle-même, avec la démocratie associative, se libère du discours imposé par l’État et le système capitaliste, pour s’autonomiser complètement et produire son propre discours sur l’environnement. Derrière ses actions concrètes auprès du public, qu’il s’agisse de la diffusion de l’information, de l’éducation auprès d’une clientèle jeunesse ou de la visibilité sur la scène publique, la SVP revendique donc avant tout une démocratisation de l’économie, de l’information et du savoir scientifique, afin que tous y aient accès et puissent se faire leur propre opinion face aux problèmes de l’environnement. Bref, sous plusieurs aspects, l’association de la Société pour Vaincre la Pollution est sans aucun doute un précieux témoignage des nouvelles aspirations sociales diffusées au Québec dans les années 1970. Il serait toutefois grandement intéressant de poursuivre cette étude plus loin dans le temps, afin d’analyser de quelle manière a évolué le militantisme de l’association. Bien qu’elle soit encore active de nos jours, il serait effectivement pertinent de se pencher sur la SVP durant la décennie 1980 pour savoir si le principe de la démocratie associative continue d’être au cœur même de celle-ci, et si l’association s’est institutionnalisée et bureaucratisée au sein des instances gouvernementales.

 

 


[1]Luc Gagnon, Échec des écologistes? : bilan des décennies 70 et 80, Laval, Québec, Éditions du Méridien, 1993, 401 p.

[2]François Duban, L’écologisme aux États-Unis, histoire et aspects contemporains de l’environnementalisme américain, Paris, L’Harmattan, 2000, 188 p.

[3]Michel Jurdant, Le défi écologiste, Montréal, Boréal, 1988, 432 p.

[4]Michel Jurdant, Les insolences d’un écologiste, Montréal, Boréal express, 1980, 122 p.

[5]Société pour Vaincre la Pollution, S.V.P., Bulletin no 1, octobre 1970.

[6]Réseau québécois des groupes écologistes. Ministère de l’environnement et de la faune, Environnement Canada. Répertoire québécois des groupes écologiste, Montréal, 1994, p. 88.

[7]Réseau québécois des groupes écologistes. Ministère de l’environnement, Répertoire environnemental, Montréal, 1985, p. 72.

[8]Marcel Harnois, Les groupes environnementaux du Québec. Interventions des groupes environnementaux dans le domaine de l’éducation relative à l’environnement et attentes à l’endroit du ministère de l’environnement du Québec., Mémoire de M.A. (écologie), dir. Pierre Dansereau, 1986, p. 28.

[9]Société pour Vaincre la Pollution, Bulletin de liaison, avril 1972.

[10]Ibid., août 1972.

[11]Ibid., janvier 1971.

[12]Ibid., été 1971.

[13]Michel Jurdant, Les insolences d’un écologiste, op. cit., p. 57.

[14]Société pour Vaincre la Pollution, S.V.P., Bulletin no 1, octobre 1970.

[15]Société pour Vaincre la Pollution, Bulletin de liaison, janvier 1971.

[16]Ibid.

[17]Ibid.

[18]Société pour Vaincre la Pollution, Journal l’Environnement, octobre 1978, vol. 5, no 1.

[19]Société pour Vaincre la Pollution, Bulletin de liaison, janvier 1971.

[20]Société pour Vaincre la Pollution, S.V.P., bulletin no 1, octobre 1970.

[21]Société pour Vaincre la Pollution, Bulletin de liaison, mai 1971.

[22]Société pour Vaincre la Pollution, S.V.P., bulletin no 1, octobre 1970.

[23]Jean-Guy Vaillancourt, Mouvement écologiste, énergie et environnement : essai d’écosociologie, Montréal, Les Éditions coopératives Albert Saint-Martin, 1982, p. 84.

[24]Société pour Vaincre la Pollution, Journal l’Environnement, septembre 1977, vol. 4,

no 4.

[25]Ibid., octobre 1978 vol. 5, no 1.

[26]  Société pour Vaincre la Pollution, Bulletin de liaison, janvier 1971.